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Frustration générale après l’annonce du refus de négocier une baisse des prix des carburants
16 février 2012, par

Après deux jours de blocage à l’île de La Réunion, c’est la frustration générale. Chez les transporteurs la révolte gronde, car ils ont bien compris qu’ils se sont faits rouler par le préfet et le président de Région, les négociations espérées en échange de la levée des barrages n’auront pas lieu. Les transporteurs ont compris qu’il faut rester soudés et appellent à l’élargissement du mouvement. Faut-il s’attendre à un blocage général des automobilistes et des transporteurs ?
Le deuxième jour de la mobilisation a commencé par une radicalisation du mouvement. C’était la conséquence de la tentative de Didier Robert de casser la grève. La force publique a alors mis la pression sur le barrage de Cambaie. À la suite de différents échanges, les représentants de l’Intersyndicale et des associations de consommateurs se sont réunis pour décider d’une démarche à suivre. En échange de négociations, ils ont choisi d’appeler à une levée des barrages. Mais si les grévistes ont tenu leur parole, cela n’a pas été le cas des autres parties. Hier soir, il n’était plus question de discussions pour faire baisser le prix des carburants de 25 centimes.
La levée des barrages a été l’occasion saisie par les forces de police pour tenter des actions impossibles pour elles quelques heures auparavant.
Profitant de l’ouverture, des gendarmes ont investi les environs de la SRPP pour y installer des barrages filtrants. Hier après-midi, seuls les camions-citernes venant charger du carburant avaient le droit de pénétrer dans la zone industrielle proche des cuves des compagnies pétrolières. Aucun autre poids lourd ne pouvait pénétrer dans ce secteur. L’objectif de cette entrave à la circulation sur la voie publique était d’empêcher toute manifestation dans ce secteur vital pour les intérêts des compagnies pétrolières.
Peu auparavant, les gendarmes ont utilisé la force pour repousser les manifestants qui tenaient un barrage à La Plaine des Cafres. Une personne a même été interpelée, indique Imaz Press Réunion. Cette intervention a failli dégénérer en affrontement.
La Région y est allée aussi de son intervention. Dans un communiqué diffusé hier soir et lu sur Télé Première, Didier Robert a salué la levée des barrages. Mais de négociation sur la baisse des prix des carburants, là aussi il n’en est plus question. Le président de Région parle de « la mise en place d’un groupe de travail » sans fixer aucune date précise.
Hier soir, il était donc clair que le préfet et Didier Robert avaient roulé les transporteurs dans la farine au bout de deux jours de mobilisation. Voilà qui fait entrer un nouvel élément dans la bataille, celui de la frustration. Chez les transporteurs, la révolte gronde. Ils ont compris toute l’importance de rester soudés et ils ont lancé un appel à toute la population à élargir le mouvement pour obtenir la baisse des prix pour tous.
Faut-il s’attendre à un blocage général de l’île par les automobilistes et les transporteurs ?
Plus que jamais, une nécessité : tous les acteurs autour de la table pour rechercher une solution favorable à l’intérêt général.
M.M.
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