Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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Grève à l’usine du Gol
20 juillet 2004

Dans l’ordre des choses, il y eut le débrayage de deux heures, le 22 avril dernier, par lequel la CGTR (qui a raflé la quasi-totalité des sièges à pourvoir lors des dernières élections professionnelles) entendait protester contre la signature d’un accord salarial entre la direction et quatre autres organisations syndicales. À l’époque, le représentant syndical CGTR du personnel avait rappelé qu’il s’agissait là d’un coup de semonce, pour que la direction entame des discussions avant le début de la campagne sucrière. D’avril à juillet, aucune réunion, aucun contact. D’où la réaction de la CGTR qui, il y a une semaine, avait lancé un préavis de grève illimitée à compter d’hier. Là encore, entre le préavis et la date à laquelle ce préavis prenait effet, silence radio. Et donc, hier matin, après s’être réuni en assemblée générale, le personnel, à l’appel de la CGTR, a décidé de se mettre en grève illimitée.
L’usine risque très rapidement de se retrouver paralysée. Les cannes continuent à être acheminées vers le Gol, depuis les différents centres de réception du Sud, mais très rapidement, elles ne seront plus traitées et continueront à s’amonceler au pied des grappins et des moulins.
Pour Élie Hoarau, délégué CGTR du personnel de l’usine du Gol, le personnel est décidé à poursuivre son action, surtout devant le refus de la direction d’entamer toute discussion. La détermination se sent aussi chez les saisonniers dont certains, avec vingt années d’ancienneté, n’ont pas évolué en grade et indice.
De son côté, la Sucrière de La Réunion, dans un communiqué, estime que "les revendications des grévistes ne sont pas acceptables, les négociations annuelles 2004 ayant abouti à une augmentation générale des salaires de 2%... alors que, simultanément, une baisse du prix du sucre de 37% est annoncée à Bruxelles". Concernant la situation des saisonniers ne pouvant bénéficier des ASSEDIC en fin de contrat, la société industrielle estime ne disposer "d’aucun moyen pour influer le régime des ASSEDIC".
Et la Sucrière de La Réunion conclut : "Dans le contexte européen actuel où l’avenir de la filière canne réunionnaise est en jeu, où l’ensemble des acteurs de la filière s’unissent et se mobilisent pour sa défense, nous devons démontrer tous ensemble, au sein de l’entreprise, notre sens des responsabilités et nous inscrire dans une dynamique offensive et positive pour convaincre les décideurs de l’avenir de notre filière canne".
S. D.
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