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Le MEDEF réclame une vraie réforme du droit du travail
19 mars 2004

Le syndicat patronal MEDEF fait pression sur le gouvernement pour faire valoir ses exigences. Celles-ci pourraient être contenues dans la réforme du droit du travail. S’il apparaît fort probable que le gouvernement revienne sur les 35 heures, il est un dossier cher au MEDEF qui peut susciter encore plus d’inquiétudes : la réforme du SMIC...
La future loi sur l’emploi est en configuration. Le gouvernement a jugé plus prudent de laisser passer les élections régionales avant de présenter son texte. Pour au moins une raison : François Fillon, le ministre de tutelle, ne sait pas s’il conservera son portefeuille des Affaires sociales, du Travail et de la Solidarité.
Ce qui n’empêche pas le syndicat patronal MEDEF de continuer à faire pression sur lui. Celui-ci se dit « globalement d’accord » avec les conclusions du rapport Virville. Il a même poussé le bouchon encore plus loin - alors que le contenu dudit rapport était déjà une atomisation totale de tous les droits des salariés et de leur protection.
Dans un document adopté lundi dernier par son conseil exécutif, le MEDEF affiche clairement ses ambitions.
Sur les 35 heures, Ernest-Antoine Seillière demande aux pouvoirs publics « d’aller plus loin en décidant que la loi sur le temps de travail ne s’applique qu’à défaut d’accord entre les partenaires sociaux ». En clair, il s’agit d’instaurer une nouvelle hiérarchie des normes sociales permettant de revenir sur les lois Aubry.
Mais le MEDEF exige une réforme du SMIC. Il propose que celui-ci soit fixé par « une commission indépendante ». Par ailleurs, ses revendications portent sur la création du contrat de projet. Et dans la foulée, il demande... la suppression des sanctions contre le harcèlement moral contenues dans le Code du travail.
Et il se mêle également de ce qui ne le regarde pas en demandant une plus grande sévérité dans le domaine du contrôle de la recherche d’emploi : il revendique un pouvoir de sanctions et de suppression des allocations pour les ASSEDIC, gérés avec les syndicats.
D. B.
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