Luttes sociales

Victoire des travailleurs de la sucrerie de Bois-Rouge

Tereos finit par céder face à la mobilisation

Manuel Marchal / 9 décembre 2017

La grève à l’usine sucrière de Bois-Rouge est terminée. Un accord a été signé hier à la sous-préfecture de Saint-Benoît entre l’Intersyndicale CGTR-FO-CFDT. Les travailleurs ont obtenu une prime d’intéressement de 2.300 euros pour la campagne sucrière 2017.

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Le travail a repris à Bois-Rouge, la campagne sucrière peut redémarrer.

La lutte a payé. Tereos voulait imposer aux travailleurs une baisse de la prime d’intéressement versée aux travailleurs de l’usine sucrière de Bois-Rouge. Cette diminution était d’au moins 400 euros. Face à l’intransigeance de Tereos sur cette question, les salariés ont dû recourir au moyen ultime pour se faire entendre : la grève.

La principale conséquence était l’arrêt de la campagne sucrière dans le Nord et l’Est de La Réunion. En effet, les moulins de la sucrerie étant à l’arrêt, les planteurs de cette région ne pouvaient plus livrer leurs cannes et donc percevoir le fruit de leur travail.

Hier, des discussions étaient prévues entre Tereos et l’Intersyndicale CGTR-FO-CFDT. Les planteurs ont également manifesté. À l’initiative de la FDSEA, ils se sont rassemblés à la plate-forme de Beaufond avant de se rendre en convoi à la sous-préfecture de Saint-Benoît distante de quelques kilomètres. C’est en effet là que devaient se rencontrer représentants du personnel et de la direction, en présence de la DIECCTE.

Au bout de plusieurs heures de discussions, un compromis finit par être trouvé. L’accord s’est conclu sur un montant de 2.300 euros.

Maintenant que la grève est terminée, la campagne sucrière peut reprendre dans le Nord et l’Est. Il reste à peine deux semaines pour terminer la coupe et livrer les cannes à sucre.

Se pose la question de la prolongation de la campagne. En effet, elle a commencé avec un mois de retard en raison du blocage des discussions sur le prix de la canne. Tereos ne voulait pas augmenter le prix qu’il paie aux planteurs pour acheter sa matière première, or ce prix était inchangé depuis plus de 20 ans. Au bout de la mobilisation, les planteurs ont pu arracher une revalorisation. Cette fois, ce sont les salariés de l’usine qui ont dû se mettre en grève pour obtenir satisfaction. Dans les deux cas, Tereos porte une part de responsabilité dans ces blocages qui ont entraîné un retard qui pénalise toute la filière. Va-t-il en tenir compte afin qu’aucune canne ne reste dans les champs cette année ?

M.M.