Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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Section CEC et précaires de la SGPEN-CGTR
28 avril 2005

En fin d’année, 220 CEC de l’Éducation nationale arrivent à échéance. 220 femmes et hommes, responsables de famille pour la plupart, revendiquent pour défendre leur emploi. Hier, la section CEC et précaires de la SGPEN-CGTR a lancé l’acte 1 de sa mobilisation, en bloquant la circulation devant l’Hôtel de Ville de Saint-Denis, afin d’être enfin entendue par le député-maire. Elle demande un moratoire contre les fins de contrats. Notre système éducatif a besoin de ces personnels et eux d’un emploi.
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Après 2 ans de CES suivis de 5 ans de CEC, soit 7 années au service de l’Éducation nationale, 220 personnes vont se retrouver sans emploi d’ici la fin de l’année, sans alternative proposée, sans considération affichée. Pour preuve, seuls Huguette Bello et Claude Payet ont daigné répondre aux courriers envoyés depuis près de 9 mois à nos députés locaux pour les interpeller sur la situation de ces personnels.
Nos élus ont aussi des devoirs
"C’est la première fois à La Réunion que les personnels précaires de l’Éducation nationale décident de lever la tête et d’occuper un axe routier", rappelait hier Patrick Corré, fier que ces hommes et femmes affirment leur dignité. Un geste fort et courageux pour cette trentaine de personnes, habituées à la discrétion, pour ne pas dire à la résignation, mais qui hier, n’a trouvé d’autre alternative que de se rassembler devant les grilles de l’Hôtel de Ville pour interpeller une nouvelle fois, de façon plus bruyante, le député-maire. "Alors que l’on fait de grands discours sur la précarité, sur la lutte contre la fracture sociale, ce silence frise la limite de la provocation", s’indigne le responsable CGTR, hélant le député-maire de recevoir la délégation. Il se défend de pratiquer le chantage mais parle de "justice élémentaire de la part d’un élu de la République". Quand vos courriers recommandés restent lettres mortes, quand vos sollicitations d’entretien pour traiter d’un dossier majeur qui engage l’avenir de plusieurs dizaine de familles, comme celui du fonctionnement de notre système éducatif, ne suscitent ni l’intérêt, ni le soutien de nos élus, comment ne pas se soulever et mettre un "carton rouge" aux trop discrets Bertho Audifax, Jean-Paul Virapoullé, André Thien-Ah-Koon et René-Paul Victoria.
"Tout ce que nous demandons c’est du travail"
Même si ces personnels savaient que leurs contrats étaient précaires, l’intérêt de leurs missions au sein des établissements scolaires n’étant plus à prouver, ils étaient en droit d’espérer leur reconduction, une embauche, une reconnaissance de la part de l’Éducation nationale. Rien. "Nous sommes qualifiés, expérimentés... tout ce que nous demandons c’est du travail", lance une femme qui s’excuse d’avoir à bloquer la circulation. "Nous avons entre 30 et 50 ans, qui va nous embaucher maintenant ?", interroge une autre. Ouvrier polyvalent, d’entretien et d’accueil, adjoint administratif du proviseur, documentaliste, aide conseil et d’orientation... tous ces postes sont occupés par des précaires. Plus qu’une formation tardive pour s’inscrire à un concours de l’Éducation nationale (concours d’ailleurs inexistants depuis 3 ans), plus que des promesses ou autres annonces en faveur de l’emploi, ces personnels demandent de garder leur travail, que leur utilité soit enfin reconnue et fasse l’objet de dispositions adaptées. Ils demandent d’être entendus, compris, soutenus.
Si la petite délégation a accepté de libérer la chaussée sans avoir pu s’entretenir avec le député-maire, c’est qu’elle attend que l’engagement pris par son directeur de cabinet soit respecté dès demain et que René-Paul Victoria se positionne enfin sur ce dossier. Après 9 mois d’attente, demain, pas plus ! Sans quoi, d’autres élus tout aussi silencieux pourraient bénéficier de l’acte 2 de la mobilisation des précaires de l’Éducation nationale... cela n’est pas du chantage, juste un rappel à l’ordre.
Estéfany
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