Nout mémwar
’Les Marrons’, de Louis-Timagène Houat — 4 —
J’ai là encore, tourmentant ma tête, ce moment si horrible où l’on m’arrache de la grande terre, de cette terre où j’ai tout laissé ! Où des trafiquants rapaces me couvrent de chaînes. Et, tel qu’un ballot de coton ou de sucre, me jettent et m’arriment dans la cale d’un navire !
Ah ! comment donc, à la vue de ces odieux commencements de ma dégradation, ai-je pu comprimer, retenir les élans de ma révolte ? Comment, pour leur ravir au moins la rançon de mon esclavage, ne me suis-je pas (…)
