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La réussite des Jeux de la jeunesse à Madagascar contraste avec le fiasco des Jeux des îles 2015 à La Réunion
8 août 2016, par

Dans son compte-rendu hier des Jeux des îles des jeunes de l’océan Indien, le Quotidien salue la bonne ambiance qui a prévalu tout au long des 8 jours de cette manifestation. Il note avec juste titre une différence fondamentale avec les Jeux des îles 2015 organisés à La Réunion : pas de politisation. Les organisateurs malgaches ont donc rappelé une évidence à la France : pour ne pas gâcher la fête, il suffit d’appliquer le règlement adopté par les instances sportives.
Les 10e Jeux des îles des jeunes de l’océan Indien ont été une réussite, indique le « Quotidien » de ce dimanche 7 août. Notre confrère a noté « une belle complicité entre les délégations mahoraises et comorienne ». Et de citer les propos de Marion Marisy, responsable de la délégation réunionnaise : « toutes les compétitions se sont déroulées dans un excellent état d’esprit et le différend Comores-Mayotte n’avait aucune raison d’être sur le terrain et aucune raison d’être tout court dans ces Jeux où ont été pleinement mises en lumière la fraternité et la concorde (…) Nos jeunes reviennent la tête pleine de souvenirs et l’envie de continuer, avec une motivation décuplée, un désir de découvrir le monde et de renforcer les liens avec la jeunesse de l’océan Indien ».
Cette réussite est notamment liée au fait que Madagascar n’a pas voulu politiser les Jeux. En conséquence, la Charte des Jeux s’est appliquée. Et comme le montre la photo publiée hier dans le Quotidien, Mayotte n’a pas défilé derrière le drapeau de la France au sein d’une délégation baptisée France Océan Indien comme cela avait été le cas 12 mois plus tôt à Saint-Paul.
Lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux des îles 2015 à La Réunion, la France avait pris l’initiative de violer la Charte des Jeux. Celle-ci prévoit en effet de garantir la participation d’une délégation mahoraise à condition que son drapeau et son hymne soient ceux des Jeux. C’est une décision conforme à l’esprit olympique, qui veut que les athlètes d’un pays soumis à un différend territorial puissent participer sous cette forme. Mayotte fait justement l’objet d’un différend.
En effet, un référendum organisé en 1974 par la France avait conclu à l’indépendance du Territoire d’outre-mer des Comores. De plus, la France avait fait des quatre îles de l’archipel une circonscription unique pour ce vote. Le résultat était donc clair, mais Paris a refusé de l’admettre et a choisi de maintenir son administration à Mayotte. Dans le monde, la position de Paris est ultra-minoritaire. D’ailleurs, la carte des Comores de l’ONU montre que Mayotte est une île de l’Union des Comores, « sous administration française ».
Lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux des îles 2015, la délégation de Mayotte a défilé derrière de drapeau de la France, au sein d’une délégation de la France Océan Indien. Cette décision a été justifiée par le ministre français des Sports présent sur place. Le scandale a provoqué le départ de la délégation de l’Union des Comores. Il a plombé ensuite le déroulement des Jeux. Pour anticiper toute nouvelle instrumentalisation des athlètes mahorais, le Comité des Jeux a dû interdire les drapeaux et les hymnes lors des remises de médailles. Cela a provoqué un nouvel incident qui a failli conduire au départ de la délégation de Madagascar. Et si le drapeau des prochains Jeux avait été transmis aux Comores, l’organisation de cet événement leur a ensuite été retirée ce qui raisonne bien comme une double peine infligée à un pays qui a simplement voulu être respecté par la France.
La réussite des Jeux de la jeunesse à Madagascar tranche donc avec le fiasco de l’année précédente à La Réunion. Cela montre que les Jeux des îles 2015 avaient tout pour être une grande fête. Il suffisait simplement d’appliquer le règlement décidé par les instances sportives. Cela supposait de ne pas utiliser les Jeux au service d’une manœuvre politicienne. Malheureusement, Paris n’a pas été à la hauteur de l’événement. Ce désastre a été amplifié par l’attitude de responsable politiques réunionnais qui ont soutenu la position parisienne.
Que pensent-ils donc de la réussite des Jeux organisés à Madagascar ? La réalité montre qu’ils auraient été mieux inspirés de soutenir le point de vue du PCR, qui refusait la politisation des Jeux des îles et demandait l’application de la Charte, plutôt que celui de Paris. Gageons qu’aussi bien à Paris qu’à La Réunion, les enseignements des Jeux des jeunes des îles de l’océan Indien puissent être compris.
M.M.
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