APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
33ème anniversaire de l’OMS du Port -10 -
28 août 2004

Lors de sa conférence sur l’OMS du Port en 1998 à l’Université de La Réunion, Raymond Lauret - tout en vantant comme il l’a toujours fait les mérites des OMS et leurs dirigeants, et en particulier celui du Port pour lequel il a énormément donné -, reconnaît que malgré la réussite évidente de ces Offices, beaucoup de choses restent à réaliser. En effet, la société ne cesse d’évoluer, et le Sport doit suivre.
Le 22 décembre 1944, alors que le Général de Gaulle venait quelques mois auparavant de transformer le Conseil national de la résistance en Gouvernement provisoire de la république française, le recteur Jean Sarailh, directeur général de l’éducation physique et des sports dans le Ministère de l’éducation nationale dirigé par le ministre René Capitan, le 22 décembre 1944, dis-je, le Recteur Jean Sarailh adressait une circulaire à l’ensemble des directeurs régionaux et départementaux sous couvert des recteurs d’académie.
Cette circulaire visait à “inviter et encourager les municipalités à créer des OMS, en leur montrant l’intérêt qu’elles peuvent avoir à se décharger auprès de personnes spécialement qualifiées, d’une partie de leurs soucis et le bien qui peut en résulter pour un grand nombre de leurs administrés”.
Elle visait également à agir “pour donner sans retard une impulsion et une orientation nouvelles à la vie sportive du pays..., pour démocratiser et moraliser le sport français”.
Ainsi donc, avec 28 ans d’avance, Jean Sarailh décrivait cette décentralisation qui appartient aujourd’hui, dans de très larges domaines, au paysage des institutions de la République française. Jean Sarailh pouvait-il imaginer, en 1944, que cette décentralisation, une fois qu’elle aurait été décrétée, demanderait une longue période d’adaptation, marquée par les excès des uns, les abus des autres, des réussites ici, des lenteurs là-bas et le blâme des tribunaux pour certains ?
En tout cas, à l’OMS du Port, dans notre désir de rassembler les compétences des militants du sport afin, comme le recommandait Jean Sarailh, de décharger le maire d’une partie de ses soucis et dans notre volonté d’assumer nos responsabilités de citoyens, il nous a fallu constamment évoluer.
Aujourd’hui encore, nous ne considérons rien comme étant définitivement acquis, ni aucune solution comme parfaite.
Dans une société en constante évolution, le mouvement sportif doit être capable d’évoluer, de se remettre en cause, de toujours avoir les yeux rivés sur un horizon qui se situe bien au-delà du bout du doigt que nous devons pointer devant nous.
Je ferais preuve de coupable imprudence - voire d’impudence - si je vous laissais penser que cela coule de source, que nous sommes là dans le cadre d’une démarche naturelle, spontanée.
Je me limiterai à dire que les maires que la ville du Port a connus depuis 1971 ont volontairement choisi de reconnaître la légitimité d’un OMS qu’ils savaient pluraliste, ouvert, capable d’indépendance vis à vis du pouvoir municipal et du pouvoir sportif. Des moyens matériels ont été mis en œuvre et les conditions ont été créées pour que cet OMS puisse donner du poids et une certaine priorité à la réflexion, à la prévision, au long terme.
J’ai été très satisfait, pour ne pas dire impressionné, par la qualité de la réflexion montrée par les responsables de sports de combat, lorsque trois mois avant l’Assemblée générale du 9 Décembre 1995 de notre OMS, ils débattaient de la place que ces disciplines pourraient occuper dans une politique d’aménagement du temps de l’enfant. Peu importe qu’une certaine confusion ait pu ce jour-là se manifester entre les notions de rythmes scolaires et d’aménagement du temps de l’enfant. L’essentiel était que le débat ouvert réaffirme que l’enfant est au cœur du Sport et que le Sport est au cœur de notre société.
Je le dis en toute humilité, je crois que notre OMS a fait la démonstration que des citoyens, oubliant ce qui peut les différencier sur le plan des idéologies, sont capables de faire avancer dans un climat de large satisfaction la cause d’un Sport où la dimension de l’homme devient priorité et s’impose. À La Réunion, je continue de plaider pour des OMS pleinement responsables.
C’est vrai que cela suppose pour leurs dirigeants beaucoup de travail, beaucoup de risques, beaucoup de disponibilité et beaucoup de patience. C’est vrai que cela veut dire pour les maires une grande capacité de confiance dans le citoyen.
C’est vrai que ce type d’OMS ne peut se concevoir que si la volonté des élus du monde sportif et celle des élus politiques se rejoignent dans un respect réciproque, un total souci d’indépendance et une volonté de s’installer dans la durée et le mouvement. C’est vrai que les dirigeants de l’OMS tombant alors eux aussi sous le coup des contrôles des Commissaires aux Comptes et de la Chambre régionale, il faut qu’ils soient préparés à exercer une gestion transparente et rigoureuse. C’est vrai que cela est nouveau et que cela heurte. Et qu’un “accident”, du type de ceux qui vous valent de passer au tribunal, est vite arrivé.
Ce n’est pas simple. Et la tentation de penser qu’il est finalement préférable que les choses restent en l’état est réelle.
(à suivre)
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