des menaces de boycott. La Réunion ne doit pas être complice d’opposants au succès des Jeux des îles aux Comores

Jeux des îles 2027 : La Réunion doit oeuvrer au succès des Jeux des îles aux Comores

21 août 2025, par Manuel Marchal

Les Jeux des îles de l’océan Indien auront lieu aux Comores en 2027, la construction des infrastructures nécessaires et en bonne voie pour respecter le calendrier prévu. Cette bonne nouvelle ne fait pas que des heureux, notamment dans la classe dominante de Mayotte au pouvoir à Mamojo. Malheureusement, des prises de position de Réunionnais tendent à une complicité avec ces politiciens en menaçant d’un boycott au prétexte d’épreuves manquantes au goût de responsables sportifs à La Réunion. Une telle éventualité ruinerait tous les efforts faits pour enlever à La Réunion l’image de « colonie colonisatrice » et de « porte-avions de l’Occident en Afrique australe » afin de favoriser son intégration dans sa région où se situe son avenir. Cela ramenerait La Réunion 50 ans en arrière, quand elle était infréquentable car utilisée pour aider le régime d’apartheid en Afrique du Sud et les coups d’État aux Comores. Le bon sens appelle les acteurs politiques et sportifs de La Réunion et de Mayotte à ne pas se rendre complices de divisions héritées du passé et à œuvrer pour le succès de l’édition 2027 des Jeux des îles aux Comores.

Depuis cinquante ans, date du retour à l’indépendance des Comores, une « élite » politique à Mayotte entretient un climat tendu autour de la place de l’île dans la région. Les Jeux des îles de l’océan Indien (JIOI) de 2027, attribués à l’Union des Comores, sont instrumentalisés par la classe au pouvoir à Mamojo pour cristalliser à nouveau ces tensions.

Une domination politique contestée

À Mayotte, une classe dirigeante s’est maintenue au pouvoir depuis 1975 en attisant des sentiments anti-comoriens et en cultivant un racisme visant les habitants dépourvus de nationalité européenne. Ce climat raciste a favorisé l’implantation de l’extrême droite : le Rassemblement national a réussi à faire élire un député sur l’île.

Parallèlement, l’insécurité pousse de nombreux fonctionnaires à quitter Mayotte, malgré les avantages financiers liés à leur sur-rémunération qui les place parmi les catégories sociales les plus aisées dans ce territoire de culture swahilie.

Mayotte et la COI : affaire sensible

Un représentant de cette classe au pouvoir à Mamojo a pesé dans le refus par l’Assemblée nationale française de ratifier un nouveau traité de la Commission de l’océan Indien (COI). Le motif invoqué : Mayotte, île comorienne administrée par la France mais revendiquée par les Comores, n’est pas membre de plein droit de l’organisation régionale. Cette décision a eu pour effet de pénaliser l’ensemble des pays de la zone.

Jeux des îles : un dossier explosif

La même classe politique a refusé que certaines épreuves des Jeux des îles de 2027 se déroulent à Mayotte, bien que cela aurait représenté une opportunité économique et sociale majeure pour l’île. Le prétexte avancé : la proposition venait des Comores, à qui l’organisation a été confiée.
Plus récemment, lors des Jeux de la Jeunesse de l’océan Indien, une polémique a éclaté autour de la délégation mahoraise. Conformément à la Charte des Jeux, Mayotte doit concourir sous bannière neutre — sans drapeau ni hymne propres, puisque l’île fait l’objet d’un différend territorial entre Etats. Or, aux Seychelles, la présence de symboles de la République française sur les tenues de la délégation a suscité de vives protestations. Paris a dû respecter le règlement, déclenchant l’ire de certains responsables politiques mahorais.

Risque de boycott réunionnais

La participation de Mayotte aux JIOI 2027 à Moroni reste un sujet sensible. À La Réunion, le Comité régional olympique et sportif a évoqué l’hypothèse d’un boycott si les organisateurs comoriens ne modifiaient pas le programme pour répondre aux attentes réunionnaises.cela irait dans le sens des intérêts de la classe au pouvoir à Mamojo.

Un tel scénario raviverait les critiques anciennes sur l’image de La Réunion comme « colonie colonisatrice » ou « porte-avions de l’Occident » dans la région. En 2015 déjà, lors des Jeux organisés sur l’île, un incident diplomatique majeur avait éclaté : la délégation mahoraise avait défilé derrière le drapeau français, entraînant le retrait immédiat de celle des Comores. Malheureusement, il se trouvait des Réunionnais qui brandissaient le drapeau français et chantaient l’hymne français quand des Mahorais montaient sur le podium.

Des tensions héritées du passé

Ces événements réveillent de douloureux souvenirs. Outre les tensions diplomatiques, les Jeux de 2015 avaient été marqués par des incidents graves, notamment des agressions subies par des sportives malgaches à Saint-Denis, renforçant l’image d’un territoire peu respectueux de ses voisins.
Un éventuel boycott des Jeux de 2027 viendrait compromettre les efforts déployés pour rapprocher La Réunion de son environnement régional et tourner la page d’un passé marqué par la guerre froide, où notre île était utilisée pour soutenir l’apartheid sud-africain, ouverture d’un consulat du régime raciste, et les coups d’État aux Comores.

Un appel à la responsabilité pour le succès des Jeux des îles aux Comores

Au moment où les Jeux des îles de l’océan Indien devraient être une fête du sport et de la fraternité régionale, des tensions politiques venues de Mamojo menacent. Le bon sens appelle les acteurs politiques et sportifs de La Réunion et de Mayotte à ne pas se rendre complices de divisions héritées du passé et à œuvrer pour le succès de l’édition 2027 aux Comores.

M.M.

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