33ème anniversaire de l’OMS du Port - 15 -

Le bénévole mérite plus d’indulgence

2 septembre 2004

Raymond Lauret, dans sa conférence de 1998 concernant l’OMS du Port,
dénonce le manque d’indulgence de certaines personnes à l’égard des militants associatifs bénévoles.

Qu’il soit clairement affirmé : un élu associatif, s’il gère des fonds publics, se doit d’être irréprochable sur le plan de la probité. D’autant plus que l’Association bénéficie d’une souplesse réelle que ne connaît pas la gestion des établissements publics. Mais attention aux associations montées de toutes pièces par la mairie pour couvrir les gestions de fait ! Cela finit souvent en correctionnelle.
Ceci étant précisé, rappelons que chacun peut se tromper. Les conseillers généraux qui dans les années 1950 ont imposé contre l’avis et les propositions d’autres, l’actuel tracé de la route du littoral qui relie le Nord à l’Ouest de notre île en longeant le pied de la montagne, ces conseillers généraux se sont sans doute trompés. Plus de quarante ans après, régulièrement des dizaines de milliers d’automobilistes continuent saisonnièrement de juger sévèrement des gens dont ils ignorent les noms et le niveau de responsabilité, pendant que les financements publics sont régulièrement sollicités pour entretenir “la route la plus chère du monde”.
Ces remarques étant faites, nous devons répéter que l’enjeu du partage de la responsabilité ne doit pas être remis en cause parce qu’existe un risque de dérapage. L’enjeu, c’est davantage de démocratie dans les actes de la vie, c’est la prise de conscience par le plus grand nombre des difficultés de la gestion et de la nécessité de la programmation, c’est en un mot la valorisation de citoyens qui ne manquent pas de qualité et dont on a bien raison de vouloir que les compétences et la passion soient mises au service de toute la population.

Garde-fous

Les garde-fous existent de manière fiable pour garantir toute leur légalité aux charges qu’auraient à assumer des citoyens compétents, disponibles et également volontaires pour hisser leurs actes à la hauteur de leurs idées. Des citoyens qui auront la charge d’imaginer et de mettre en œuvre des formes nouvelles de relations et de pratiques sportives, et qui refuseront qu’on les enferme dans des trucs et des machins, c’est à dire des gadgets.
Permettez-moi pour terminer de vous dire que si un OMS de notre île a pu commencer à donner une part de sa signification à l’appel lancé en 1944 par le recteur Jean Sarailh, c’est parce que le maire d’une commune, dès sa prise de fonction, a tenu à montrer que la démocratie se construit dans la confiance que l’on témoigne aux hommes et dans la loyauté qu’on leur demande de manifester sans que pour autant, il y ait tentative de récupération ou renoncement à ses convictions profondes.
C’est aussi parce que ce maire a tenu à démontrer que la notion d’équipe municipale va au-delà des seuls conseillers et des administratifs, qu’elle peut concerner l’ensemble des citoyens auxquels il faut faire prendre conscience que rien n’est simple ni automatique, et qu’une élection n’est qu’une expression très imparfaite de la démocratie, même si nous admettons avec Winston Churchill qu’elle en est encore la meilleure que nous connaissions.
L’épreuve pour l’élu politique est de ne pas avoir la confiance sélective, l’épreuve pour le citoyen étant alors de ne pas avoir la loyauté frileuse.

(à suivre)


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