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Coupe du Monde de football
12 juin 2010, par ,

À peine 20 ans après la libération de Nelson Mandela, l’Afrique du Sud accueille la Coupe du Monde de football. Dans le monde entier, le peuple sud-africain montre l’image d’un peuple qui lutte pour aller vers l’union. La tenue d’un des plus grands événements planétaire dans ce pays, c’est d’abord la victoire d’un peuple qui construit son unité.
En Afrique du Sud, la tenue de la Coupe du monde, c’est d’abord la victoire de son peuple. Voici ce qu’écrivait hier un envoyé de l’Agence France Presse sur l’ambiance lors de la cérémonie d’ouverture de cet événement planétaire :
« « C’est génial ! C’est mieux qu’en 1994 », lorsque l’Afrique du Sud tenait ses premières élections démocratiques, lance Nozipho Mbanjwa, tout en courant pour voir le coup d’envoi du Mondial à Johannesburg.
Le parallèle lui appartient. Mais la magie de l’heure est indéniable : Noirs, Blancs, Indiens et métis dépassent les clivages de l’Afrique du Sud post-apartheid, pris de ferveur nationale, tandis que le pays triomphe avec l’ouverture officielle de la Coupe du monde.
Malgré l’absence du héros de la liberté, la "magie Mandela" flotte sur les tribunes du gigantesque stade de Soccer City, à Johannesburg, où 85.000 fans vêtus en grande majorité des or et vert du Onze sud-africain soufflent sans relâche dans les vuvuzelas.
Elle atteint les foules qui se pressent dans les fans parks du pays, jusqu’aux dizaines de milliers de personnes coincées dans des embouteillages monstrueux ».
Vérité et réconciliation
1994 : c’est la date de la fin officielle de l’apartheid. Jusqu’alors, le peuple sud-africain vivait sous un régime analogue à celui qu’a connu La Réunion jusqu’au 19 mars 1946 : celui de l’inégalité institutionnalisée.
Cette inégalité était basée sur le racisme. Et comme à La Réunion au temps de l’esclavage puis de la colonisation, seule une minorité avait le droit de s’exprimer. Le clivage était tellement fort que nombreux craignaient que ce régime finisse dans un bain de sang.
Aussitôt après la fin de l’apartheid, une commission a été mise en place pour tirer les enseignements de la période qui a divisé le pays : Vérité et réconciliation. Il s’agissait de faire la lumière sur tous les éléments qui se sont déroulés durant cette période. C’est tout un peuple qui a décidé de regarder son Histoire.
Et aujourd’hui, malgré des difficultés considérables telles que la pénurie d’emploi, le manque de logement, la violence, force est de constater que l’unité du peuple progresse. Les séquelles de l’apartheid ne sont pas effacées, mais la marche vers la réconciliation est irréversible.
À La Réunion également nous vivons les séquelles d’un régime qui avait fait du racisme la base de son fonctionnement. Et même 60 ans après l’abolition du statut colonial, les séquelles sont toujours là.
Vers l’unité
Mais dans notre île, il persiste des forces suffisamment importantes pour tenter de barrer la route à la connaissance de toute notre Histoire. Cela s’illustre notamment par la volonté de casser la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise.
Un travail énorme reste à accomplir, et il suppose des investissements. Pour sa part, l’Afrique du Sud n’a pas hésité à se porter candidate à l’organisation de la Coupe du monde de football pour renforcer son unité. Des milliards ont été investis pour un événement sportif. Mais l’objectif est atteint. Le peuple sud-africain est le premier vainqueur de cette Coupe du monde. Voici 16 ans, 40 millions de personnes vivaient dans deux mondes que tout séparaient. Aujourd’hui, elles sont unies pour faire avancer leur pays.
Manuel Marchal
Une Coupe du Monde « arc-en-ciel »
Tous les yeux vont être en alerte à suivre à la TV la Coupe du Monde organisée pour la première fois, depuis qu’elle existe, en Afrique… du Sud ! Chacun, son favori ! Sur le terrain, les équipes vont régaler le spectateur du stade ou du petit écran de prouesses comme le petit pont, les passes magiques, les têtes imparables… les gardiens aussi vont s’illustrer de parades.
Cet événement sera avant tout une rencontre des peuples du monde venus fêter le ballon rond. Si aujourd’hui, cette compétition se joue sur cette terre, on peut dire que c’est grâce au combat mené par des hommes et des femmes déterminés à bannir l’apartheid pour une nation arc-en-ciel. Pari gagné. Mais que cela fut difficile.
Certains ont payé de leur vie, d’autres rescapées témoignent des atrocités qu’elles ont vécues en raison de leur couleur de peau noire. Cette page d’histoire éprouvante a été tournée au terme d’une lutte difficile. L’une des figures qui symbolise cette résistance est Nelson Mandela. Un homme qui a vu loin !
J.-F. N.
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