Di sak na pou di

Hypothèse d’une énantiodromie cellulaire dissidente et régressive

Pour une compréhension du cancer

Frédéric Paulus / 7 mai 2018

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Ce courrier cherche à attirer l’attention des cancérologues et des chercheurs de métier à propos de nouveaux regards qui pourraient se porter sur la maladie du cancer. Des personnes touchées par cette maladie peuvent également prendre connaissance de cet écrit. Il leur est, en fait, adressé prioritairement. Il devrait être possible dans notre pays de développer des analyses différentes, voire divergentes, à propos de cette maladie. Le principe d’exposer de telles analyses, ici développées, devrait être admis tant que l’on n’aura pas trouvé la (ou les) véritable(s) cause(s) du cancer. Les cancérologues admettraient que d’autres approches devraient cohabiter complémentairement à celles purement médicales tant que nous sommes dans l’incertitude des résultats thérapeutiques, d’une part.

D’autre part, les analyses qui vont suivre devraient transmettre aux personnes touchées une culture informative leur permettant une introspection indissociablement psycho-affective et biologique. Le but serait de déclencher en elles un rapport introspectif leur permettant d’explorer les souvenirs et les épreuves qui auraient pu créer des expériences génératrices d’inhibition(s), de refoulement(s), de culpabilité ; lesquelles expériences stabiliseraient des foyers cellulaires d’inhibition, de stagnation et de stases et miasmes biopsychologiques créant les conditions propices à la réaction dissidente qui a été déjà décrite dans un précédant courrier : https://www.clicanoo.re/clicazot/Article/2018/04/03/Ebauche-hypothetique-du-processus-sous-jacent-lapparition-des-cancers

Selon notre hypothèse le cancer se déclencherait lorsque les conditions de la vie métabolique des cellules ne garantissent pas leur propre vie. Dans ce sens les analyses du Docteur Laurent Schwartz, (2007) nous semblent pertinentes et étayées à condition de les considérer comme les conséquences d’un environnement délétère lié à l’histoire de la personne touchée et non la (ou les) cause(s) première(s) du cancer. Dans un ouvrage de 2007 intitulé « Le principe de vie » [1], on aurait pu penser que ce praticien percevait en toile de fond un « principe de vie » qui se « retourne » en cancérisation. On aurait pu penser en outre que cette idée allait constituer « le fil rouge » de cet ouvrage, et ce d’autant plus que le premier chapitre commence par affirmer l’aspect « immortel des bactéries » dont ont émergé les cellules procaryotes et eucaryotes. Enfin on aurait pu penser qu’une lente et longue évolution aurait transformé les attributs « égoïstes » des premières cellules en cellules « altruistes » du fait de leur caractère endosymbionte assigné à des tâches complémentaires et solidaires au sein d’organes où leur destin devait se sceller en favorisant ainsi « l’émergence du premier animal » (Faustino Cordon). Avec les travaux de Chomin Cunchillos (2014) [2], l’hypothèse que nous soulevons (elle nous semble complémentaire des travaux du Dr Schwartz) suggère que cet aspect solidaire, entravant une possibilité de fuite (ou de désolidarisation) lorsque les conditions de la vie cellulaire homéostasique n’étaient plus requises, serait un facteur décisif dans la cancérisation.

Alors que les cellules ont été rassemblées au fil des siècles selon un « pacte de solidarité » désigné par le terme « endosymbiose », les cellules qui ne trouveraient pas les conditions requises pour poursuivre ce pacte se désolidariseraient, devenant dissidentes, adoptant épigénétiquement le phénotype caractéristique des cellules cancéreuses. On notera qu’il a été préféré de nommer cette « dissidence » par la notion de « prolifération anarchique ». Les mots ne sont pas neutres. Le terme de dissidence serait à considérer car il permettrait d’interpréter la cancérisation comme une réactivité qui remonterait à l’époque où les composants qui forment les cellules eucaryotes furent phagocytés, et par la suite contraints à s’intégrer au sein d’une nouvelle cellule qui devait faire face à sa logique évolutionniste de se maintenir en vie en se transformant. Il y eut plusieurs « phases » (nous préférons le terme de « processus ») du parasitisme à la symbiose selon Chomin Cunchillios (élève et continuateur de l’œuvre de Faustino Cordon) avant d’aboutir à l’endosymbiose. Le passage entre une bactérie hétérotrophe anaérobie et un spirochète serait l’apparition de la première cellule avec cytosquelette et, de ce fait, avec hyaloplasme et cytoplasme. Cette cellule devait posséder un métabolisme initialement anaérobie pour devenir aérobie avec l’inclusion des mitochondries notamment. Chomin Cunchillos relève la « redondance des voies mitochondriales » lors de la « compartimentation du métabolisme », p. 250, in « Les voies de l’émergence, Introduction à la théorie des unités d’intégration », Belin (2014). Cela peut suggérer que les mitochondries constituent un organite plus qu’essentiel pour assurer la vie cellulaire et nous savons, avec les travaux d’Otto Warburg, (abondamment cités par le Docteur Laurent Schwartz), que leur défaillance du fait de leur asphyxie causée par excès de sucre s’inscrit dans le tableau du syndrome de cancérisation.
https://www.temoignages.re/chroniques/di-sak-na-pou-di/le-cancer-de-la-betterave-des-animaux-et-des-hommes-l-enigme-du-cancer-est-elle-levee,92844

A des fins d’application, et imaginairement, nous allons évoquer, avec des arguments empruntés encore à Faustino Cordon, le moment où la Planula des océans, déjà constituée de plusieurs cellules eucaryotes, se détacha des rochers où elle était agrippée. Le plancton se faisant rare, cherchant à s’alimenter, certaines de ces cellules devaient être propulsées par une pulsion d’alimentation alors que d’autres maintenaient leurs attaches au rocher bien que sous-alimentées, selon une logique opposée énantiodromique. Les Planulas sous-alimentées du fait d’un environnement rare en plancton qui restèrent fixées au rocher périrent. Celles qui réussirent à fuir le biotope vécurent et se transformèrent en Méduses. Lorsque les cellules devinrent solidaires et complémentaires à des tâches assurant le maintien de leur structure associative, la possibilité de fuite d’un biotope défavorable à leur survie devint impossible. C’est ainsi qu’au niveau cellulaire, le processus de cancérisation résulterait d’une entrave au changement de biotope de certaines cellules qui régressent à un stade antérieur à leur association en tant que cellule eucaryote mettant un terme à la symbiose intercellulaire. Il faut rappeler que les cellules cancéreuses deviennent immortelles en culture. « Le principe de vie » réapparaîtrait ainsi.

L’hypothèse ici soulevée s’adresse à la fois aux personnes touchées par le cancer, aux cancérologues et aux chercheurs. Nous recueillerions avec reconnaissance les réactions que pourraient susciter nos analyses, contradictions autant que nouveaux arguments qui les conforteraient. Cette « émulation coopérative » confirmerait l’attitude qui consiste à n’évincer aucune éventualité dans l’élucidation d’une imbrication de causes multifactorielles de la cancérisation.

Dans un prochain courrier nous aborderons ce qui semble être considéré comme de « nouvelles stratégies thérapeutiques » présentées comme alternatives, complémentaires aux soins médicaux et dont la Revue « Pour la science » fait un n° hors série.

Frédéric Paulus, Directeur scientifique du CEVOI

[1Laurent Schwartz, Le principe de vie, Le cancer peut être guéri, Ed de La Martinière, 2007.

[2Chomin Cunchillos, Les voies de l’émergence, introduction à la théorie des unités de niveau d’intégration, Belin, 2014.