Di sak na pou di

Réalité objective et subjective du guide intérieur face au cancer

Frédéric Paulus / 4 juin 2018

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Ce courrier repose sur l’hypothèse d’une entité que nous posséderions tous conjuguant « deux faces » biopsychologiques prodigieusement intelligentes et inextricablement liées qui nous guideraient jour et nuit, formant une réalité complexe : notre « guide intérieur ». La nuit, il se manifesterait en rêves influençant nos jours. Nous faisons appel à l’intelligence du lecteur pour reconnaître dans les analyses qui suivent de certaines logique et plausibilité face, notamment à la réaction cancéreuse. Le sujet est trop complexe pour le réduire à des équations ou l’aplatir sous des lamelles de verre.

Nous verrons également que cette « guidance intérieure » peut être contrariée si nous avons été malmenés ou mal aimés durant notre enfance. Nous savons avec certitude que le code génétique, notre garantie de naître humain, est influençable (épigénétiquement) de l’extérieur comme nous l’aura démontré « l’enfant sauvage » appelé « Victor » par Jean Itard (1774-1838). Cet enfant recueilli vers 6 ou 7 ans marchait alors à quatre pattes, poussait des cris pour se faire comprendre, grimpait aux arbres pour se protéger. Il se sera adapté à son environnement, une forêt dans le département de l’Aveyron. Etudié par Itard qui s’évertua à le faire parler sans succès, il devint dépressif au point de mourir très jeune au Centre des sourds et muets du 5e arrondissement de Paris. Que de progrès réalisés depuis ! A cette époque n’affirmait-on pas aussi que « le bébé vivait durant sa première année une vie purement végétative » ?

Nous savons depuis les travaux de Roger Sperry (1913-1994), Michael Gazzaniga et Benjamin Libet (1916-2007) notamment que notre raison n’est pas entièrement aux commandes pour guider notre vie. http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2013/138/paulus.pdf. Pour des taches répétitives et grandement automatiques, qui n’engageraient pas notre personnalité profonde, elle intervient à minima. Notre libre arbitre, quant à lui, est sous influence, à notre insu, guidé par notre inconscient (notre guide intérieur), non celui identifié et interprété par Freud. Notre libre arbitre est sous l’influence d’une intelligence que nous découvrons progressivement grâce aux neurosciences et sciences de l’esprit et du développement de l’enfant dès sa conception. Nous rappelons que pour naître l’évolution aura pris son temps : 9 mois. Dans vos colonnes nous avons soulevé la question : L’embryon ressent-il s’il est désiré ?
https://www.clicanoo.re/clicazot/Article/2018/01/02/Lembryon-ressent-il-sil-est-desire_508249. Nous avons affirmé plus haut que le guide intérieur devait être constitué de deux faces, l’une innée biologique et l’autre acquise remplissant unitairement toutes les conditions pour exercer une clairvoyance sur notre vie à condition qu’elle ait été respectée, voire encouragée implicitement, ou mieux explicitement par l’éducation. Sans entrer dans de vaines polémiques nous conservons les vestiges idéologiques de l’époque où nous pensions collectivement que le bébé n’était pas intelligent dès la naissance et que son intelligence se construisait par stades. Cette vision est dépassée, même si ici ou là quelques éléments pertinents comme l’idée « d’accommodation » demeurent. Nous avons voulu l’illustrer et populariser ce changement avançant que l’enfant qui se sent se développer dans la joie de vivre ne pouvait qu’expérimenter cette intelligence innée. Le développement de l’enfant entraîne son développement. Voir https://www.temoignages.re/chroniques/di-sak-na-pou-di/dans-un-contexte-de-joie-de-vivre-le-developpement-de-l-enfant-entraine-son-developpement,92958

C’est le psychanalyste Carl Gustav Jung qui découvre progressivement la réalité subjective-objective du guide intérieur en identifiant la polarité vivante et ancestralement émergente du corps. Cette réalité est subjective pour une personne extérieure, mais objective pour celui qui la ressent. Jung différencia cette dimension de l’inconscient freudien qui, lui, est essentiellement lié à l’histoire de la personne, la psychanalyse étant une thérapie de cette histoire. Le guide intérieur selon Jung nous relierait à l’ensemble du genre humain transpersonnel, commun à tous les humains quelles que soient leur culture ou leurs différences biologiques. Il ferait corps avec le processus d’individuation qui chercherait à nous faire devenir nous-mêmes, dégageant ce faisant une sensation d’unité corps-esprit et un dynamisme intrinsèque. C’est ce dernier qui nous transforme lors de blessures portant atteinte à notre identité, et cela à notre insu. Ce savoir « jungien » est empirique et clinique, renforcé par les récentes déductions de recherches en génétique. C’est ainsi que des scientifiques semblent s’emparer de cette dimension cachée qui interviendrait effectivement à notre insu, voir pour cela « Incognito, les vies secrètes du cerveau », Marabout, 2013, de David Eagleman. Il dira que notre cerveau travaille « incognito ». « En effet, ce que nous faisons, pensons, croyons, émane souvent de parties de notre cerveau auxquelles nous n’avons pas accès, d’une activité dont nous ne sommes pas conscients. Mais si la conscience n’est que la partie émergée de cet iceberg, qu’y a-t-il en dessous ? ». Notre réponse : une intelligence qui a été sélectionnée par l’évolution dont il nous faudrait prendre conscience. Le neurobiologiste et psychologue Antonio Damasio aura commencé par s’attaquer au dogme cartésien du « je pense donc je suis », avec « L’erreur de Descartes », (1995) au profit de « Je suis donc je pense », et en affirmant : « Spinoza avait raison, Joie et tristesse, le cerveau des émotions », (2003) dans un second temps (2003). Allons plus en avant de l’évolution.
Une betterave à sucre blessée par un coup de pioche ne peut réagir en isolant sa blessure envahie de bactéries présentes dans la terre à proximité. Celles-ci sont attirées par le sucre dont elles sont friandes. La betterave ne pouvant ni fuir ni lutter contractera un cancer. https://www.clicanoo.re/clicazot/Article/2018/04/12/Le-cancer-de-la-betterave-des-animaux-et-des-hommes-lenigme-du-cancer
Nous pourrions transposer ce processus de cancérisation à l’organisme humain qui ne pourra se protéger d’une manière satisfaisante d’un environnement non favorable à son développement alors que sa physiologie s’y sera adaptée au fil des mois et des années, générant à l’insu de la conscience une réalité a-physiologique qui se retourne, à la suite de stases énergétiques et de miasmes générant de possibles foyers infectieux, par « processus de dissidence » en cancer. Les excès de tabac, alcool, ou les pollutions chimiques, pesticides, perturbateurs endocriniens et autres agressions s’additionnant à l’environnement a-physiologique créeraient les conditions d’apparition du cancer. Ce courrier fait appel à l’intelligence du lecteur pour qu’il discerne dans ces analyses une plausibilité. Nous le sollicitons comme juge, il est notre Jury de thèse !
Si nos analyses contiennent quelques éléments de scientificité, il s’agirait de favoriser l’implication de la personne manifestant un cancer à l’établissement co-émergent de son diagnostic avec son (ou ses) thérapeute(s).

Frédéric Paulus, directeur scientifique du CEVOI - La Réunion