Di sak na pou di

Stress auditif(s) durant la vie fœtale et comportement adaptatif du bébé in utéro

Frédéric Paulus / 20 juin 2018

JPEG - 17.3 ko

Un « fil » tel un écheveau semble pouvoir être extirpé du labyrinthe de la complexité du vivant pour rendre compte d’une influence épigénétique fiable durant la vie fœtale.
Je vais reprendre le cas de cette petite née avec les lobes des oreilles rabattus et collés ; dont j’ai connu les parents (dans les années 80) après la perte de mort subite et inexpliquée d’un premier nourrisson trois ans auparavant. Un courrier avait été rédigé en ce sens et publié par votre quotidien : https://www.temoignages.re/chroniques/di-sak-na-pou-di/la-revolution-epigenetique-des-la-vie-foetale,89060
Je reprends l’énigme en évoquant la fonction du « claustrum », petite structure cérébrale associée au thalamus bien connue comme relais sous-cortical entre les entrées sensorielles notamment visuelles et auditives et les aires correspondantes dans le cortex. Thalamus et claustrum joueraient un rôle modulant de nombreux neurotransmetteurs tels que la dopamine, la sérotonine, l’acétylcholine et autres (J.S Baiser, « The Neurochemical Organisation of de Claustrum », in The Claustrum, 2014, Amsterdam, Elsevier, (2014)). Et si bien qu’une fonction de « filtrage » semble être reconnue à cette petite région cérébrale - le claustrum - (évoquée par Francis Crick et Christopf Koch en 2005), « qui permettrait de diriger l’attention vers des stimuli qui dépassent un certain seuil, de façon plus fine que le thalamus ». L’état de ces travaux est exposé par Henri Atlan, p. 368-370, in Cours de philosophie biologique et cognitiviste, Spinoza et la biologie actuelle, 2018.
L’attention (faculté cognitive par excellence) du bébé au niveau fœtal devrait faire « objet » de science et par extension la conscience qu’il aurait qu’un stimuli peut lui être nocif, ce qui voudrait dire qu’une conscience « primaire » l’habiterait dès sa vie fœtale. C’est en fait ce qui nous manquait pour soulever l’énigme d’un comportement délibéré du bébé de se protéger de la violence verbale de ses parents et ayant eu comme conséquence les lobes des oreilles collés épigénétiquement.
Il n’y aurait pas d’énigme concernant les lobes collés si l’on se réfère à l’embryologiste Nicole de Douarin avec le passage « l’invention d’un langage intercellulaire » dans l’ouvrage « Les cellules souches porteuses d’immortalité » (2006) : « Sans membrane squelettique externe, les cellules eucaryotes peuvent adhérer aux substrats qu’elles rencontrent. Leur cytosquelette, ainsi que des molécules d’adhérence insérées dans leur membrane (comme les intégrines), leur permettent de se fixer aux surfaces qu’elles rencontrent et particulièrement à des molécules sécrétées hors de la cellule et formant une matrice extracellulaire. Celle-ci est composée de fibre (collagène, fibronectine par exemple) et de protéines globulaires formant un gel. Des protéines contractiles, telles que l’actine, permettent les mouvements des cellules sur ces substrats car elles sont liées aux récepteurs qui les font adhérer au matériel extracellulaire », p. 121. Cet avis rendrait plausible le fait de l’obturation physiologique et épigénétique du canal auditif par les lobes repliés.
A ma connaissance aucun scientifique autour des parents (domiciliés en métropole) de cette enfant n’aura cherché à comprendre ce qui pourrait se lire comme une réaction comportementale adaptative et délibérée du bébé pour se protéger de nuisances sonores qui n’aura révélé aucun trouble auditif. Le bébé aurait eu un comportement adaptatif in utéro guidé par la conscience de ce qui lui était nocif, en l’occurrence, là, des décibels entropiques émis par ses parents et particulièrement son père. Cette conclusion peut culpabiliser ses parents mais est-ce mieux que de rester dans l’expectative ?
Par effet de domino, les théories fondées sur une observation du bébé après sa naissance sans tenir compte de son histoire et de sa conscience de ce qui lui est favorable in utéro ne conduiraient-elles pas à être ré-envisagées dans leurs fondations ?

Frédéric Paulus,
Directeur du CEVOI (Centre d’Etude du Vivant de l’Océan)