Paul Vergès, symbole de la résistance -2

30 juillet 2025, par Paul Dennemont

Cette année marque le centenaire de la naissance de Paul Vergès -5 mars 1925 - fondateur du Parti Communiste Réunionnais et géant de la politique. Un évènement qui a été salué par le Parti qu’il a fondé.

Cette actualité nous rappelle l’itinéraire politique hors norme de Paul Vergès, marqué en autres par cet acte de révolte profond et historique engagé le 17 mars 1964, contre le Pouvoir Central. L’article de Témoignages de lundi 28 juillet, évoque les raisons qui ont conduit Paul Vergès à choisir cet acte de résistance . Une épreuve difficile qui va durer deux ans et demi.

Au nez et à la barbe des autorités.

Au cours de ces 28 mois de « marronnage », non seulement Paul Vergès s’arrange pour participer aux réunions de son Parti, mais la situation va le conduire dans des zones les plus reculées de l’ile. Par ailleurs, grâce à la grande solidarité qu’il bénéficie et avec le concours des camarades, dans tous les secteurs de la société réunionnaise, Il arrive à tenir des meetings clandestins au Port, à la Plaine, à la Rivière Saint-Louis, à Grand-Bois, à Saint-Denis et dans bien d’autres endroits encore, et peut même de temps en temps rencontrer sa femme et ses enfants, tout cela , au nez et à la barbe des autorités. Les barrages de routes, les contrôles chez les militants, le recoupement de Témoignages ne vont rien donner.

Mais Paul Vergès reconnait : « …Une période difficile et souvent douloureux mais aussi amusant par d’autres côtés de tourner en ridicule la maréchaussée et surtout le Préfet Diefenbacher (en fonction à la Réunion de mars 1963 à septembre 1966 , en remplacement de J.Perrau-Pradier) qui n’a cessé d’écumer de rage pendant ces deux ans et demi … ». Le 18 juin 1966, intervient l’amnistie des condamnations pour délit de presse. Restent les infractions d’atteinte à la Sureté de l’Etat. Le jeudi 28 Juillet, Paul Vergès, accompagné de son avocat, se présente au bureau du Procureur. Le magistrat est estomaqué.

Le 31 Juillet 1966 à l’aéroport de Gillot.

Paul Vergès est conduit en prison. Il doit être transféré à Paris par bateau. Craignant pour sa sécurité, il entame une grève de la faim, exigeant que son transfert ait lieu par avion. Ce qui est fait le dimanche 31 Juillet. Scène à la fois émouvante et inimaginable à l’aéroport de Gillot ce-jour- là, où un nombre impressionnant de sympathisants sont venus attendre Paul Vergès pour lui témoigner de leur solidarité. Forçant les barrages de police et les grillages, la foule se précipite vers l’avion pour acclamer le leader du PCR.

Arrivé à Paris, Paul Vergès est conduit à la Prison de la Santé. Déféré devant le juge d’instruction et après plusieurs interrogatoires, il bénéficie d’un non- lieu général. Assigné à résidence à Paris pendant quelques semaines, Paul Vergès est de retour à la Réunion le mercredi 21 décembre 1966, mettant fin à cette longue comédie politico-judiciaire, même si le Préfet Jean Vaudeville qui succède depuis peu à Alfred Diefenbacher décide d’interdire ce jour-là toute manifestation sur la voie publique.

Déterminé plus que jamais, Paul Vergès reprend le combat politique. Infatigable défenseur du peuple réunionnais, il va poursuivre la lutte jusqu’à son dernier souffle.

Paul Dennemont
Paul Vergès, symbole de la résistance -1

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