Environnement

71 milliards de financement climatiques au pays en développement

Sommet Action Climat le 23 septembre

Témoignages.re / 14 septembre 2019

Le volume de financement climatique fourni et mobilisé par les pays développés a atteint 71.2 milliards USD en 2017, contre 58.6 milliards USD en 2016, soit une hausse de 21%, d’après de nouvelles estimations de l’OCDE.

Les chiffres du financement climatique, passant de 58.6 milliards USD en 2016 à 71,2 milliards en 2017, concernent les quatre composantes du financement climatique : le financement public bilatéral ; le financement public multilatéral attribué aux pays développés ; les crédits à l’exportation bénéficiant d’un soutien public ; et le financement privé mobilisé.

Les experts expliquent qu’ils ne peuvent pas comparer directement les données totales pour 2016 et 2017 à celles des années précédentes en raison des "améliorations apportées aux données et à la méthodologie relatives aux financements privés".

Ils assurent néanmoins que la tendance globale est à la hausse, dans leur rapport Financement pour le climat fourni et mobilisé par les pays développés de 2013-2017.

« L’objectif d’atteindre les 100 milliards USD de financements climatiques par an d’ici 2020 demeure réaliste, mais nous devons de toute urgence intensifier nos efforts pour fournir des financements climatiques publics et pour que ceux-ci soient plus efficaces dans la mobilisation de financements privés », a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría.

Un important financement climatique public

D’autant que le financement climatique public (destination, thématique, secteur, instrument instrument financier) progresse de nouveau, après avoir stagné en 2015.

Les financements climatiques publiques concernent les financements climatiques bilatéraux et multilatéraux imputables à des pays développés. Les crédits à l’exportation liés au climat bénéficiant d’un soutien public sont aussi pris en compte.

Les chiffres du financement climatique public pour 2017 et 2016, à savoir respectivement 54.5 milliards USD et 46.9 milliards USD, "sont cohérents avec une trajectoire linéaire par rapport au niveau de financement climatique public émanant de pays développés".

D’ailleurs, le ratio des dons sur les prêts a affiché une relative stabilité sur la période comprise entre 2013 et 2017. Ils constituaient plus d’un tiers des financements bilatéraux et environ 10% des financements multilatéraux, tandis que les prêts représentaient 60% des financements bilatéraux et près de 90% des financements multilatéraux.

En 2016‑17, la proportion de dons dans les financements climatiques publics était plus élevée pour les pays les moins avancés (36%) et les petits États insulaires en développement (54%) que pour les pays en développement dans leur ensemble (24%).

Le volume de financements climatiques gonfle

« Les pays développés font des progrès sur le plan du financement climatique, et des éléments indiquent que cette tendance à la hausse se poursuivra. Nos estimations portent sur la période 2013‑17, mais les banques multilatérales de développement ont fait état d’une hausse significative de leurs financements climatiques en 2018 », a précisé Angel Gurría.

Le volume de financements climatiques consacrés à des activités d’adaptation a atteint 13.3 milliards USD en 2017, contre 9.1 milliards USD en 2013, si bien que l’adaptation représente aujourd’hui 19% du total des financements climatiques, contre 17% en 2013.

De son côté, la part des financements climatiques consacrée à des activités d’atténuation était, quant à elle de 73% en 2017, contre 76% en 2013, le reste étant utilisé pour des activités transversales.

Globalement, les financements climatiques privés correspondent à des financements privés ciblant des projets climatiques mobilisés, grâce à des instruments de financement publics déployés par des pays développés.

Les rapporteurs expliquent que "le financement climatique privé mobilisé par le financement public que les pays développés consacrent à l’action climatique, à travers les canaux bilatéraux et multilatéraux, s’élevait à 10.1 milliards USD en 2016 et à 14.5 milliards USD en 2017".

Ces chiffres restent dans la même tranche que les estimations pour 2013 et 2014, qui étaient respectivement de 12.8 milliards USD et 16.7 milliards USD. Il peut s’agir d’investissements dans des entreprises ou des entités à vocation spéciale, de garanties, de lignes de crédit, de prêts syndiqués ou de dispositifs de cofinancement.

Face à ces données positives et aux objectifs fixés, "le financement climatique fera partie des sujets abordés lors du prochain Sommet de l’Organisation des Nations Unies sur le climat à New York", ainsi que dans la période préparatoire des négociations climatiques pour la COP 25 à Santiago du Chili.