Edito

Le renfort du Pape

Témoignages.re / 17 septembre 2019

Hier, nous écrivions : “Les propos du Pape dans l’avion résonne dans ce contexte Chagossien mais c’est une position de principe pour une gouvernance mondiale responsable.” Quelles répercussions pour nous ? Un renfort pour un monde pacifique.

Le Pape : “Lorsque nous reconnaissons les organisations internationales ainsi que leur capacité à donner un jugement, par exemple, le tribunal international de la Haye ou les Nations unies, notre devoir est d’obéir lorsqu’elles rendent leur jugement. » Il place les Nations Unies au centre de la gouvernance mondiale. C’est le seul lieu de légitimation des décisions qui regroupe la totalité des Etats souverains. La Cour International de la Haye n’est qu’un attribut consultatif pour traiter les différends entre membres. Signalons que le Vatican possède un statut de membre observateur à l’ONU. Il ne vote pas les décisions mais son discours a des conséquences politiques.

L’Océan Indien Zone de Paix relève d’une résolution adoptée à l’ONU, le 16 décembre 1971. Non seulement les anciennes puissances coloniales, la France et la Grande Bretagne, n’ont rien fait pour “libérer” la zone mais elles ont rendu la situation plus complexe. Les Etats Unis se sont installé à Diego-Garcia, suivant un bail conclut pour 60 ans, avec la Grande Bretagne, conditionné par l’expulsion des habitants des lieux, les Chagossiens, vers Maurice et Seychelles. Aujourd’hui, l’Inde signe avec Maurice et les Seychelles un bail à Agaléga et Assomption. Des investissements indiens sont engagés pour installer des équipements militaires ou recevoir des bâtiments de guerre. Tous ces pays sont membres de l’ONU mais ils ne respectent pas la résolution de 1971. Quelle que soit la réthorique des autorités accueillantes sur les bienfaits désenclavantes de ces installations, celles-ci reposent sur un bail à construction dont les contrats sont tenus secrets. Ce n’est pas un geste de solidarité.

La France se trouve sous le coup de 3 contentieux post-coloniaux engagés à l’ONU par les Comores, Maurice et Madagascar. Le conflit France-Comore est plus le connu. Moins connu est le Traité pour la gestion de Tromelin qui devait être signé par la France et Maurice alors que l’île est revendiquée par Madagascar. Tout ce beau monde fait partie de la COI (Commission de l’Océan Indien) qui n’a jamais inscrit le sort du peuple Chagossien dans ses préoccupations mais a considéré plus important d’accorder à la Chine un statut d’Observateur pour ses contributions financières. Pendant ce temps, La Réunion a disparu de la Déclaration de Moroni en 2015. Les informations concernant La Réunion ont été retirées de la page d’accueil du site officiel de la COI.

Quand le Pape appelle au respect des institutions internationales, il ne se doute pas de la résonance de ses déclarations auprès des militants et des peuples qui réclament l’application de la résolution 2832 du 16 décembre 1971 faisant de l’Océan Indien une zone de Paix. Rendez-vous à la Journée Internationale pour la Paix, le 21 septembre 2019, à 14h30, à Champs Fleury, Esplanade des Droits de l’Homme. C’est une invitation du Mouvement Réunionnais Pour la Paix.

Ary YEE CHONG TCHI KAN.