Quand le communisme chinois séduit l’Américain
13 juin, parLe monde a changé
A deux mois de la fin de son mandat
24 septembre 2008, par

La crise financière a abouti à la présentation d’un plan de 700 milliards de dollars de rachat de créances douteuses détenues par les banques américaines. Ce projet qui tient en trois pages doit être validé cette semaine par le Congrès. Il prévoit que le gouvernement américain aura toute latitude pour gérer cette somme, et déterminer qui sera aidé. A deux mois de la fin de son mandat, George Bush est proche d’obtenir des pleins pouvoirs qui n’existent qu’en état de guerre, dans quel objectif ?
Dans moins de deux mois aura lieu l’élection présidentielle américaine. C’est à ce moment que le président sortant est en train d’obtenir les pleins pouvoirs. Une situation qui découle de la crise financière.
Outre le fait qu’elle remodèle la finance mondiale au profit des Etats-Unis, la crise financière arrive à point nommé pour élargir les pouvoirs de George Bush. Son gouvernement a présenté un plan destiné officiellement à sauver le système financier mondial. Au moins 700 milliards de dollars de fonds publics pourront servir à acheter des créances douteuses. Et comme l’a indiqué le secrétaire au Trésor américain Henry Paulson, c’est le gouvernement qui gérera l’enveloppe sans avoir de comptes à rendre. De plus, le gouvernement fixera lui-même le prix des créances rachetées, a précisé à l’AFP Mary Ann Hurley, analyste chez DA Davidson & Co.
Cette somme est énorme, elle représente un montant plus élevé que ce que coûte une année de guerre en Irak pour les Etats-Unis. Cette décision est en passe d’être validée par le Congrès américain.
En tout état de cause, ces pleins pouvoirs constituent une étape logique dans la guerre monétaire lancée par Washington. Son offensive lui a permis de mettre fin à l’indépendance des banques d’affaires de Wall Street, et lui ont donné la possibilité de mettre la main sur ILFC. Propriété de l’assureur AIG nationalisé par le gouvernement américain, ILFC est, faut-il le rappeler, le principal client de Boeing et d’Airbus.
C’est donc un pouvoir immense qui va être concentré entre les mains du président sortant et de son équipe au cours des deux derniers mois de leurs mandats. Marqué par un état de guerre permanent depuis 2001, le passage de George Bush à la Maison-Blanche se termine par les pleins pouvoirs. Dès la semaine prochaine, le président des Etats-Unis aura la possibilité de passer l’éponge sur les créances douteuses accumulées par les banques durant les années de guerre en Afghanistan et en Irak. Et il pourra aussi cibler les destinataires de la manne de fonds publics qui sera débloquée. Nul doute que les choix opérés dans l’attribution des subventions clarifieront encore davantage la stratégie suivie par la Maison-Blanche depuis le début de la guerre monétaire.
Manuel Marchal
Reprise en main à tous les niveaux
Dans leurs comptes-rendus sur la crise financière, les médias ont tendance à minimiser le coup porté par les Etats-Unis au système financier international.
Mais on remarque qu’après l’euphorie du lundi, les Bourses ont replongé hier dans la morosité.
L’embellie du lundi était due à un fait : l’annonce d’un plan de 700 milliards de dollars de rachat de dettes par des fonds publics. Les spéculateurs étaient contents de voir arriver de nouvelles liquidités dans les marchés, avec lesquelles ils allaient pouvoir jouer.
Mais le problème de fond reste la déstabilisation du système financier mondial dû à la guerre monétaire lancée par la Maison-Blanche. Une déstabilisation qui ouvre la possibilité à Washington de reprendre la main à tous les niveaux.
Cette reprise en main signifie une augmentation considérable de la dette du pays le plus endetté du monde.
Comment se fait-il que tous ceux qui mettent l’accent sur la dette des pays du Sud pour critiquer leurs dirigeants ne disent-ils rien au gouvernement américain ?
Une année difficile pour la Chine
Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a déclaré samedi à Beijing que la Chine avait confiance en elle-même et était entièrement capable de maintenir un taux de croissance économique élevé en 2008 malgré les difficultés nationales et la récession économique globale.
Lors de son discours à un séminaire de dirigeants de niveau ministériel à Beijing, Wen Jiabao a indiqué que l’année était la plus difficile à laquelle la Chine devait faire face en raison de défis sur le plan international et de problèmes intérieurs.
« L’instabilité financière internationale et la récession économique ont exercé une grande influence sur le pays, et dans le même temps, la Chine a dû s’attaquer à des problèmes nationaux tels que la hausse des prix et la récession économique régionale », a-t-il ajouté.
Le pays a cependant adopté une série de mesures qui se sont avérées efficaces, a-t-il fait remarquer.
Grâce à une énorme demande intérieure, des capitaux relativement abondants et l’amélioration de la qualification de la main-d’œuvre, le pays a confiance en lui-même et peut maintenir un taux de croissance économique élevé, a-t-il noté, ajoutant : « Les richesses matérielles accumulées ces trois dernières décennies et l’expérience acquise dans la solution des problèmes financiers sont également des avantages pour notre pays ».
« Les efforts doivent encore être faits pour freiner l’inflation et garantir les grands équilibres macroéconomiques, en particulier ceux des marchés financiers et boursiers », a-t-il souligné.
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