Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
La défaillance d’un modèle reposant sur une économie virtuelle
17 décembre 2008, par

D’un point de vue strictement financier, l’affaire Madoff porte sur 50 milliards de dollars. Mais au-delà du coût comptable, cette escroquerie montre la défaillance d’un système. Un système qui repose sur une économie virtuelle où l’argent n’est plus de nos jours gagé sur une valeur réelle.
Il faut dire que l’escroquerie qu’a montée l’ex-patron du Nasdaq, Bernard Madoff, est celle de tous les superlatifs. D’abord celui du plus gros montant jamais englouti dans une fraude de ce type : 50 milliards de dollars. L’homme avait fait croire à des placements aux rendements mirobolants. Dans la réalité, les derniers souscripteurs au fonds permettaient de payer les intérêts des premiers souscripteurs.
La défaillance d’un modèle
Ensuite, le temps sur lequel s’écoule cette fraude paraît lui aussi réservé au domaine de la fiction : 20 ans, voire peut-être 48 ans, suivant ce que révèlera l’enquête. L’escroquerie avait semble-t-il déjà atteint une certaine envergure lorsque l’homme présida le Conseil d’administration de la bourse électronique Nasdaq, au début des années 1990. A l’époque, une enquête, vite classée sans suite, avait été initiée sur ses activités par la SEC, le gendarme boursier. Pourtant, le taux de rendement apparaissait comme exorbitant : 12 à 13% l’an, le tout garanti.
L’élément psychologique ayant permis à l’homme d’affaires de subsister est, avant toute chose, la confiance. Si tout le monde allait chez Madoff, pourquoi ne pas placer ses fonds auprès de lui ? Cela a sans doute joué. Le temps lui avait donné une certaine honorabilité. C’était un ex-patron du Nasdaq, un philanthrope patenté à travers sa Madoff Family Foundation. Sa crédibilité, en tant que pilier de marché, lui aura permis de tromper ses propres amis pendant des années...
Toutes les places financières touchées
Les uns après les autres, les grands noms de la finance internationale, comme Nomura au Japon, la française BNP Paribas ou HSBC et RBS en Grande-Bretagne, ont annoncé leur niveau d’exposition aux produits de la société Madoff. 50 milliards de dollars.
C’est le montant que pourrait atteindre l’immense escroquerie montée par un des financiers les plus réputés de Wall Street, Bernard Madoff. Probablement la plus grosse arnaque jamais commise par un seul homme dans l’histoire de la finance. En début de semaine, toutes les places financières étaient dans la tourmente. Le CAC 40 perdait 0,90%, le Nasdaq -1,80%, le Nikkei -1%, Shangha - 1,80% ou Sudney -1%...
Une économie virtuelle
Ce n’est pas l’argent qui manque dans le monde. Cet argent doit être gagé sur une valeur réelle. Mais aujourd’hui, cette valeur réelle n’existe plus. On fonctionne dans un monde virtuel. L’argent qui circule dans l’économie n’a plus sa contrepartie réelle.
L’escroquerie s’est enrichie d’une nouvelle unité de mesure : le Madoff, équivalent à 50 milliards de dollars. Mais 50 milliards de dollars, c’est aussi 5 fois les besoins d’investissements africains pour développer l’eau potable et 10 fois l’aide accordée en 2008 par les Etats-Unis à l’Afrique au titre de la lutte contre la faim.
Risham Badroudine
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