Quand le communisme chinois séduit l’Américain
13 juin, parLe monde a changé
10 octobre 2008, par

Mardi dernier, un événement hors du commun dans l’Histoire de La Réunion s’est produit au Centre Saint-Ignace de la résidence des Pères Jésuites à Saint-Denis : le Père Stéphane Nicaise, qui fréquente depuis plusieurs années la Chapelle la Misère de Villèle à Saint-Gilles les Hauts, a présenté le film d’une quinzaine de minutes qu’il vient de réaliser sur le fondateur de ce temple hindou, Daniel Singaïny ; celui-ci a commenté ce film et ensuite un débat a eu lieu entre les deux prêtres et le public, particulièrement nombreux, qui a participé à cette rencontre.
Un événement hors du commun ? Effectivement. Car c’est la première fois qu’un prêtre catholique réalise un film sur une communauté religieuse “malbar” de La Réunion. Et surtout un film aussi louangeur pour un prêtre et les fidèles d’une telle religion, qui fut longtemps traitée de « diabolique » par les chefs de l’Église catholique, comme devait le rappeler Daniel Singaïny dans son commentaire.
C’est dire à quel point les mentalités ont évolué positivement à La Réunion au cours des dernières décennies. En effet, grâce notamment au soutien apporté par le Parti communiste réunionnais et d’autres démocrates au combat pour le respect de toutes les croyances traditionnelles de La Réunion, une plus grande tolérance est apparue dans la société, l’Église catholique a davantage reconnu la légitimité et les valeurs des autres religions réunionnaises. Avec Mgr Gilbert Aubry, elle a participé à la création du Groupe de dialogue inter-religieux de La Réunion, qui favorise l’entente entre les responsables et les fidèles des différentes communautés religieuses réunionnaises. D’ailleurs, le président de ce groupe, le musulman Idriss Issop-Banian, a également participé à cette soirée et à sa réussite.
Comme l’a montré le débat, un tel dialogue est très important et il doit se renforcer sans cesse, car bien des malentendus, des divergences, des douleurs du passé, des interrogations et même des conflits d’intérêts persistent entre croyants, parfois même d’une même religion. D’autant plus que les croyants et pratiquants des différentes religions font souvent un lien entre leurs convictions religieuses et leur identité culturelle, avec toute la passion qui l’accompagne parfois.
Plusieurs témoignages d’intervenants, parfois émouvants, ont souligné les tendances intégristes et les contradictions à surmonter pour valoriser à la fois les atouts de notre diversité ethno-culturelle et ceux de notre unité réunionnaise. Ce sont là les trésors de l’interculturalité réunionnaise. Et nous ne finirons jamais d’enrichir ces trésors, si nous savons résister aux pièges de l’assimilation et de l’aliénation culturelles comme à ceux des polémiques stériles entre “chapelles” cultuelles, culturelles et politiciennes.
Il y a toutefois une autre dimension qui doit également être prise en compte dans ce dialogue entre Réunionnais : c’est la dimension sociale. Ainsi, par exemple, pour revenir au combat de Daniel Singaïny et de ses amis, nous ne devons pas oublier le contenu “de classe” qu’ils avaient donné à la fondation de leur temple. Ce n’est pas pour rien que celui-ci a été dénommé “Chapelle la Misère”, avec la volonté proclamée de soutenir les plus pauvres dans l’expression religieuse.
Aujourd’hui plus que jamais à La Réunion, le combat pour abolir toutes les discriminations, pour faire respecter les droits sociaux des plus fragiles et pour construire une société équitable est une priorité absolue pour créer les conditions d’un développement durable. Et le dialogue inter-religieux ou inter-culturel doit intégrer cette démarche s’il veut être crédible, réel et non pas seulement formel.
L’harmonie identitaire est inséparable de la cohésion sociale. Et relever ce défi nous concerne tous, quelles que soient nos croyances religieuses ou nos convictions philosophiques.
Roger Orlu
* Envoyez vos critiques, remarques et contributions afin que nous philosophions ensemble...! [email protected]
Le monde a changé
Mézami dopi in boute tan mi parl la mizèr dann nout péi é pou kossa mi kroi pa kan v’ariv l’ané 2030 nou sar fini konbate so gran fléo i pèz dsi n (…)
In kozman pou la rout
Conclusion des négociations entre l’Union européenne et les pays voisins de La Réunion
Jusqu’à quand les territoires de l’océan Indien devront-ils se contenter d’ajustements à la marge alors que les secousses de la polycrise mondiale (…)
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
Au lieu de reproduire la France, les Réunionnais devraient s’inspirer de Madagascar
Retour sur le séminaire organisé par la Section PCR de Saint-Denis
Conséquence de la crise et de la pénurie de logements sociaux
Condoléances du Parti Communiste Réunionnais
Face aux difficultés de trésorerie à cause des retards de paiement
À la veille de la manifestation organisée par des élus devant la préfecture
Messages
16 octobre 2008, 16:38
Philosophie de la misère ou misère de la philosophie ? Proudhon ou Marx ?