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13 juin, parLe monde a changé
7 juin 2008

Rome a accueilli le Sommet de la FAO. La crise alimentaire y a tenu le premier rôle. Mais pour éradiquer le fléau de la faim, il faudrait 30 milliards de dollars par an...
La FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), qui siège à Rome, est l’une des institutions spécialisées de l’ONU, comme l’OMS, le BIT ou encore le FMI. C’est une grosse organisation qui entretient près d’un millier de permanents à Rome et dont l’action est un peu contestée. Son budget est relativement faible, de l’ordre de 524 millions de dollars, mais la Banque Mondiale ne veut plus gérer ses propres fonds de lutte contre la faim. Elle annonce donc qu’elle mettra 1,2 milliard de dollars sur la table, qui seront gérés par le coordinateur de l’action humanitaire de l’ONU. L’Arabie Saoudite, elle, met 500 millions de dollars sur la table. Cependant, elle ne les donne pas à la FAO, mais au programme alimentaire mondial.
Des faiblesses et peu de moyens
On reproche à la FAO d’être un peu trop bureaucratique et inefficace, même si le contrôle des fonds qu’elle utilise est bon, et même si ces fonds sont en constante diminution. On lui reproche de ne pas être innovante, de ne plus avoir d’idées. Tout ce qui est micro-crédit, par exemple, est venu d’ailleurs. Cela dit, la Banque Mondiale est mal placée pour critiquer la FAO : c’est elle qui a poussé les pays pauvres à se spécialiser dans l’exportation au détriment des cultures vivrières.
D’autre part, l’organisation onusienne établit beaucoup de statistiques excellentes sur l’alimentaire et la faim dans le monde. D’ailleurs, les organisations non-gouvernementales reconnaissent que la somme des connaissances accumulées par la FAO est capitale.
Alors, que faire ? Investir, d’abord. En 1980, 20% des investissements mondiaux concernaient l’agriculture, contre seulement 7% aujourd’hui. En même temps, l’aide alimentaire a diminué de moitié, 8 milliards de dollars en 1985, et moins de 4 aujourd’hui. Investir, mais avec quel argent ? Il existe bien le Fonds International de Développement de l’Agriculture (FIDA), chargé de recycler les pétrodollars. Malheureusement, cette rente pétrolière, tout le monde la veut, à commencer par les automobilistes. Et puis, une dernière contrainte vient s’ajouter aux investissements agricoles : celle de l’environnement ; on ne peut plus investir dans une agriculture productiviste et polluante. C’est un peu, hélas, la quadrature du cercle.
Bernard Maris, France Inter et Marianne2
Le monde a changé
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