Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Entretien avec Corinne Sayag, chef de projet et directrice de l’ANPE de Sainte-Clotilde
30 mai 2006

Les entreprises locales sont-elles demandeuses de ce type d’initiative ?
- Le sentiment des entreprises face à ces Journées de l’Emploi est très positif. Elles ont répondu présentes aux côtés du réseau ANPE. C’est l’opportunité de toucher un grand nombre de personnes qui ne vont pas forcément à l’ANPE, qui n’ont pas accès à Internet, limitant ainsi leur possibilité de trouver un emploi. Cette année, nous ne proposons que des offres du secteur marchand et faisons la part belle aux entreprises qui recrutent, de l’offre d’emploi non qualifiée jusqu’au directeur de structure, à l’ingénieur. Nous avons voulu essayer de représenter au mieux les besoins du marché.
Dans la publicité faite autour de ces journées, les offres d’emploi en mobilité sont mises en avant. Cette manifestation est-elle le prétexte pour favoriser l’emploi hors de La Réunion ?
- La mobilité est un axe fort de l’ANPE Réunion. Sur 3.000 offres d’emploi proposées, 500 sont en mobilité. L’ANPE veut mettre en avant la mobilité structurée, pensée, accompagnée, en partenariat avec le CNARM. Des personnes seront là pour témoigner de leur expérience de mobilité réussie, car la vraie difficulté avec la mobilité, c’est qu’il y a plusieurs interlocuteurs et qu’il est difficile de s’y retrouver après, sur place. Une convention sera d’ailleurs signée avec la direction régionale de l’ANPE Île-de-France pour réunir les conditions d’une mobilité réussie, qui s’inscrit dans le cadre d’un projet personnel et qui offre ainsi l’opportunité d’une formation, pour revenir pourquoi pas, avec des compétences supplémentaires que le marché local ne possède pas.
Pensez-vous qu’à moyen terme, cette manifestation peut devenir un outil concret pour lutter contre le chômage de masse à La Réunion ?
- C’est un levier fort qui permet au public de connaître les différentes méthodes de recrutement. Comme la technique par simulation qui est déjà utilisée au plan national et qui permet d’aller au delà de la qualification. Une personne qui possède un Bac peut être tout aussi capable qu’une personne qui possède un bac +2 ou +3. Nous travaillons avec les entreprises pour chercher les potentialités au-delà des diplômes. C’est un exercice que l’on construit avec l’employeur grâce à un recrutement par simulation. Nous sommes convaincus du bien fondé de cette méthode qui a d’ailleurs été employée pour la Route des Tamarins et qui a permis le recrutement de 50 personnes. Pour adapter cet exercice au niveau local, en fonction des besoins des entreprises, cela demande un fort investissement car contrairement à la métropole, il concerne un petit volume de recrutements, mais nous garantissons que la personne recrutée a, au minima, l’aptitude. Après, il lui restera à acquérir la connaissance.
Propos recueillis par Stéphanie Longeras
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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