Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
10 juin 2008

Chacun conserve encore en mémoire les déclarations musclées de M. Nicolas Sarkozy sur les prétendus faux chômeurs, notamment le 8 avril dernier lors de son déplacement à Cahors. Non seulement l’exemple cité par le président de la République sur ce demandeur ayant refusé soixante-trois propositions d’emploi s’est révélé faux (le témoignage fondant l’argumentation du chef de l’Etat venait d’un malade psychiatrique), mais, selon une nouvelle étude réalisée par le ministère du travail, les "faux chômeurs" n’existent pas.
« Seuls 2% des personnes se déclarant au chômage ne souhaitent pas travailler à l’avenir, essentiellement pour des raisons de santé », note l’étude de la Direction de l’Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques (DARES) et de la Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques (DREES), « La question financière : une préoccupation importante des actifs sans être perçue comme le principale frein au retour à l’emploi », (PDF), publiée le 2 juin. Les auteurs de l’étude ont interrogé les personnes recevant un revenu inférieur à 1,5 SMIC net (public potentiel de la prime pour l’emploi) « afin d’éclairer les freins à la reprise de l’emploi ».
Non seulement le refus de travailler ne figure pas dans ces "freins", mais les demandeurs d’emploi sont disposés à d’importantes concessions : 75% d’entre eux accepteraient un emploi d’un niveau inférieur à leur qualification, près de 50% consentiraient à déménager si « on leur proposait un emploi ferme ou dans une perspective d’activité sûre ». Bien que la très grande majorité souhaite un emploi à temps plein, près de la moitié « accepterait n’importe quelle durée du travail ».
Voilà qui contredit un peu plus la fameuse hypothèse gouvernementale des « 300.000 offres d’emplois non satisfaites ». Elles aussi n’existent que dans l’imagination du pouvoir. En réalité, toute offre déposée dans plusieurs agences est comptabilisée autant de fois même si elle ne correspond qu’à un seul poste de travail. Ce qui relativise d’autant le problème, au demeurant réel, de l’inadéquation qualitative entre offre et demande.
L’étude de la DARES enfonce le clou : le frein principal à la reprise d’un emploi ne vient pas des chômeurs qui passent des jours tranquilles à ne rien faire mais de... « l’insuffisance des offres d’emplois ».
Martine Bulard
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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