Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Notre Histoire : À l’occasion du 86e anniversaire de la naissance de Roland Jamin - 11 -
2 juillet 2004

Après la dissolution arbitraire de la municipalité de La Possession, de nouvelles élections se préparent pour choisir le successeur de Roland Jamin. Pour conduire la liste de droite, Morin Dambreville se présentera sur l’insistance du préfet. À gauche, les communistes soutiennent le député Raymond Mondon, Roland Jamin préférant se retirer de la campagne, par crainte d’« irriter » à nouveau le préfet. De nouvelles fraudes se préparent...
Chassé de sa mairie où la quasi-totalité de ses revenus avait été consacrée à soulager les misères de ses administrés, victime de son excès de confiance dans les co-gestionnaires de ses biens personnels, Roland Jamin ne devait pas tarder à se voir dépouillé de son patrimoine vendu aux enchères ; à un prix dérisoire, selon les témoins de l’événement.
Après l’installation de la délégation spéciale, en présence de l’inspecteur des Renseignements généraux Pierre Lacoste - qui se fera appeler plus tard M. le sous-préfet, en raison des pouvoirs énormes qui lui sont illégalement conférés -, on assiste à La Possession à la préparation des municipales fixées au dimanche 8 décembre 1957.
Pour cette élection, la droite ne parvient pas à se trouver un leader. Alerté sans doute par son émissaire Pierre Lacoste constamment présent sur le terrain, le préfet Jean Perreau-Pradier rend personnellement visite à Morin Dambreville, gros propriétaire terrien de Sainte-Thérèse, et le supplie de conduire la liste de droite. Ce que ce dernier refuse, arguant de son mauvais état de santé (1). Mais Jean Perreau-Pradier - qui sait qu’il ne peut compter sur personne d’autre - insiste fortement, si fortement et avec des arguments tels que Morin Dambreville consent à revenir sur sa décision.
Face à Morin Dambreville, les communistes présentent une liste conduite par le député Raymond Mondon. Roland Jamin estimant que l’ancien directeur d’école du Port, dont la popularité est grande à La Possession, est mieux placé que lui pour infliger un échec à Jean Perreau-Pradier. Afin de mettre le maximum de chance du côté du député élu le 2 janvier 1956, Roland Jamin accepte même de ne pas être candidat, persuadé que sa présence sur la liste Mondon risque d’irriter le préfet et l’amener à organiser le 8 décembre à La Possession la même mascarade qu’à Saint-André le 15 septembre 1957, et dans la quasi-totalité des communes de droite de l’île le 17 novembre de la même année (voir notre édition d’hier). Mais il s’engage à apporter à la liste Mondon son soutien total.
(à suivre)
Eugène Rousse
(1) Morin Dambreville décède le 15 octobre 1964 à l’âge de 54 ans.
Courrier des lecteurs
Mézami , néna par-la dë somenn in sèrtin prézidan zétazini la di dann in konféranss de press li lé dakor pou ashté bannzil chagos mé sa sé in (…)
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