Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Que deviennent nos jeunes bacheliers - 2 -
7 janvier 2009

Chaque année en France, plus de 150.000 jeunes sortent de l’enseignement supérieur sans qualification. Son fonctionnement (amphis bondés, manque de profs, examens et emplois du temps mal organisés...) est tel que l’échec frappe prioritairement les jeunes issus des milieux modestes. Notre île n’y fait pas exception ! Les chiffres montrent que 2 étudiants de La Réunion sur 3 quittent l’université sans aucun diplôme chaque année.
L’entrée à l’université marque le début de l’indépendance pour la majorité des jeunes et, souvent, l’adaptation à ce nouveau milieu qu’il découvre une fois l’inscription faite entraine un taux d’échec important et une désillusion pour plus des 2/3 des inscrits.
A La Réunion, nos spécificités économiques, sociales et géographiques sont des facteurs déterminants de la réussite des étudiants. En effet, le taux de chômage et le nombre de familles vivant des minima sociaux est sont forts importants dans notre île, et malgré un pouvoir d’achat inférieur à celui de la métropole, l’aide financière de l’État à destination des étudiants est la même partout en France. Bon nombre d’étudiants, malgré leur situation de boursiers, ont des difficultés financières et donc du mal à réussir leurs études. La situation géographique de La Réunion et le manque de filières dans certaines régions de l’île ne facilitent pas les études à l’université et contraignent les étudiants à occuper un logement indépendant, inaccessible pour de nombreuses familles réunionnaises (caution, loyer, charges trop lourdes). Ces étudiants sont donc obligés de se réorienter vers des formations post-Bac en lycée ou tout simplement d’arrêter leurs études.
La principale cause de l’échec à l’université est l’absence d’objectif, et donc de motivation. Avec un taux de chômage qui ne cesse d’augmenter, l’étudiant a du mal à se projeter dans l’avenir et souvent s’inscrit dans une filière par dépit, et donc ne se donne pas au maximum dans ses études. L’étudiant n’a pas de modèle dans son entourage proche de quelqu’un qui a fait des études et qui a réussi. Il n’y croit donc pas et se laisse aller dans un système qui ne l’accompagne pas et qui le laisse tomber dans l’échec. Lorsqu’on combine cet état d’esprit avec des difficultés d’apprentissage objectives, un manque de méthodes, parfois des manques dans la scolarité, voire des problèmes sociaux ou financiers, l’échec est prévisible et même programmé.
L’ascenseur social qu’est l’université est aujourd’hui en panne et il est temps d’apporter des solutions adaptées afin d’assurer l’avenir de notre population. Que peut-on faire ?
(à suivre)
L.G.
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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