Partenariat Le Port - Tamatave

Amplifier le co-développement durable dans l’océan Indien

18 juillet 2008, par Manuel Marchal

Hier à la mairie de la cité maritime, Jean-Yves Langenier, maire du Port, et Gervais Rakotomanana, maire de la commune urbaine de Toamasina (Tamatave), ont signé une convention de coopération décentralisée. C’est un nouveau pas important dans la marche vers le co-développement durable et solidaire de notre région. Le co-développement est un atout pour relever les défis communs à tous les pays de notre région, qui sont la démographie, la mondialisation et le changement climatique.

Jean-Yves Langenier et Gervais Rakotomanana signent un document qui marque une nouvelle étape des relations entre La Réunion et Madagascar. (photo MM)

« Promouvoir une démarche de co-développement durable », « renforcer l’intégration de La Réunion dans son environnement régional », « offrir aux jeunes Malgaches et Réunionnais des opportunités dans les domaines de l’éducation, de l’emploi, de la culture, du sport et des activités socioculturelles », « développer des actions de formation dans divers domaines », ce sont quelques cadres d’intervention de la convention signée hier entre les Villes du Port et de Tamatave.
Jean-Yves Langenier rappelle que cette signature renouvelle une première convention signée au Port en 2000. Des liens historiques unissent La Réunion et Madagascar, et cela depuis l’origine du peuplement de notre île.
Le maire du Port note que dans les deux pays, les dernières Municipales ont renouvelé les équipes. Il est donc important de faire de ce partenariat un acte fort, situé en début de mandature.
« Cette convention repose sur des principes », souligne Jean-Yves Langenier. C’est tout d’abord « l’intégration de La Réunion dans son environnement régional. C’est une orientation de la Région dans laquelle nous nous inscrivons pleinement ». C’est également « la promotion du co-développement durable ». Le Port et Tamatave ont des défis communs à relever, dans le cadre d’un développement durable capable de concilier progrès social et économique, ainsi que protection de l’environnement.
Ces défis trouvent leur origine dans le rôle stratégique que jouent les deux villes pour le développement respectif de leurs pays. Tamatave est la capitale économique de Madagascar. Pour sa part, Le Port voit 99% des marchandises à destination ou exportées de La Réunion transiter par son territoire.
La convention signée hier s’organise autour de 6 axes (voir encadré).

« Une responsabilité particulière »

Les perspectives sont d’aller vers un renforcement des liens non seulement entre les deux plus grandes villes portuaires de La Réunion et de Madagascar, mais également d’élargir ce partenariat à tous les ports de la région. Jean-Yves Langenier annonce la mise en place d’un Observatoire des villes portuaires du Sud-Ouest de l’océan Indien. Cette organisation internationale devra comprendre non seulement Le Port et Tamatave, mais aussi Port-Louis et Durban, premier port du continent africain. Jean-Yves Langenier note que la Ville de Durban affirme son intérêt pour la création de ce nouvel espace de dialogue entre les peuples de notre région.
Un espace essentiel car « les ports sont les postes avancés de la mondialisation », poursuit Jean-Yves Langenier, « nous avons une responsabilité particulière ». Nous sommes également dans une région qui voit sa population augmenter rapidement, et qui doit également relever le défi de l’adaptation au changement climatique, précise-t-il en substance. Jean-Yves Langenier rappelle que la semaine passée, 450 experts internationaux sont venus à La Réunion pour participer à la conférence "L’Union européenne et l’Outre-mer : stratégies face au changement climatique et la perte de biodiversité" organisée par l’ONERC, l’UICN et l’Etat. Cette conférence a débouché sur des préconisations, et « en tant que villes portuaires, nous devons les intégrer dans notre réflexion ».
La perspective affichée est donc clairement celle du co-développement durable et solidaire.
Signée hier, la convention a une durée de 4 ans. C’est un cadre pour écrire une belle page de notre Histoire commune, conclut Jean-Yves Langenier.

Manuel Marchal


Gervais Rakotomanana, maire de la Communauté urbaine de Tamatave

Raffermissement du lien co-fraternel

Le maire de Tamatave tient d’abord à remercier ses partenaires réunionnais pour leur collaboration dans l’informatisation des services de sa commune. Il remercie également Le Port d’avoir rendu hommage à la Fête nationale malgache par l’envoi d’une importante délégation.
Gervais Rakotomanana souligne que cette convention est un raffermissement du lien co-fraternel qui unit Madagascar et La Réunion. Que ce partenariat s’étende encore dans plusieurs domaines, poursuit-il en substance, nos enfants seront fiers de nous. Et de conclure : « Vive Le Port, vive Toamasina ».


Six axes de coopération

La convention signée hier s’articule autour des thèmes suivants :

L’appui à l’aménagement de la Commune Urbaine de Toamasina dans une démarche de développement durable
Il s’agira de promouvoir les échanges autour des problématiques d’aménagement, afin d’enrichir d’éléments nouveaux les politiques respectives de gestion de l’espace urbain.

La coopération institutionnelle : renforcement des capacités en gestion communale
Les échanges entre élus et cadres des mairies s’attacheront à apporter, de part et d’autre, un éclairage et des outils sur les spécificités de la gestion communale.

Les échanges éducatifs, culturels et sportifs
Autour de la promotion de l’accès à la culture et à la connaissance, cet axe sera l’occasion d’impliquer les jeunes dans la création de liens durables entre les deux villes.

Les échanges économiques
Il s’agira de promouvoir les villes respectives auprès des opérateurs économiques. L’action phare consistera en l’appui à la réalisation de la foire de Toamasina.

L’appui aux actions de santé
Il s’agira de promouvoir la prévention des risques en matière de pandémie, diabète, insuffisance rénale, VIH...

L’Observatoire des villes portuaires du Sud-Ouest de l’océan Indien
Les villes de Toamasina et de Le Port réaffirment leur intérêt à participer à l’Observatoire des villes portuaires du Sud-Ouest de l’océan Indien.


Les cadres d’intervention

Voici un extrait de la convention signée hier.

« Les objectifs de la Convention de Coopération initialement définie permettront :

De promouvoir une démarche de co-développement durable.

De renforcer l’intégration de La Réunion dans son environnement régional en aidant au rapprochement des hommes, des idées et des projets.

D’offrir aux jeunes Malgaches et Réunionnais des opportunités dans les domaines de l’éducation, de l’emploi, de la culture, du sport et des activités socioculturelles.

D’élargir le marché pour le développement des entreprises locales en facilitant notamment l’implantation des partenaires et investisseurs potentiels dans tous les domaines (industrie, tourisme, etc...).

De participer au développement de Toamasina, en tant que capitale économique de Madagascar, en mobilisant les ressources humaines et techniques.

De développer des actions de formation dans divers domaines en relation avec les compétences de chacune des cités.

De participer dans le domaine des politiques publiques à des échanges de pratiques et de méthodologies. »


Maurice Gironcel, 1er vice-président du Conseil général

« Nos Histoires sont étroitement liées »

Maurice Gironcel rappelle que le Département est partie prenante dans la coopération décentralisée. Il annonce qu’en octobre prochain, la présidente du Département signera un accord cadre de coopération avec le gouvernement malgache dans le domaine de l’agriculture. Cet accord portera notamment sur la sécurisation foncière, la formation et la recherche.
Par ailleurs, Maurice Gironcel indique également qu’une convention de partenariat dans le domaine éducatif unit le Conseil général et Madagascar, et que la présidente du Département a signé deux conventions avec deux villes malgaches.
Enfin, Maurice Gironcel rappelle que sa commune, Sainte-Suzanne, s’est engagée dans le co-développement à travers le jumelage avec Moramanga. Et il rappelle que c’est à Quartier-Français qu’ont vécu plusieurs années des exilés de Fort-Dauphin. « Nos Histoires sont étroitement liées », conclut-il.


Yvon Virapin, vice-président du Conseil régional

Un encouragement pour le co-développement

Les perspectives d’échanges entre La Réunion et Madagascar sont nombreuses, indique-t-il. Dans le domaine de l’énergie, le séminaire sur le co-développement durable des îles de l’océan Indien organisé en juin dernier à la Région a débouché sur une volonté politique, précise-t-il : faire de notre région un exemple dans le domaine des énergies renouvelables et de l’autonomie énergétique. Il rappelle également que lors de ce séminaire, le fourneau portois a été présenté aux délégués venus de tous les pays de la COI.
Yvon Virapin note également la participation d’une importante délégation malgache conduite par le ministre de l’Environnement lors du congrès "L’Union européenne et l’Outre-mer : stratégies face au changement climatique et la perte de biodiversité". Cela témoigne d’une volonté commune d’avancer dans ces domaines, ajoute Yvon Virapin, en précisant que Madagascar a des ressources inégalées en termes de biodiversité. L’union de deux des principales villes portuaires de la région est un encouragement pour le co-développement, conclut-il.


Un événement couvert par le service public d’information de Madagascar

Deux journalistes malgaches assuraient la couverture de l’événement. D’une part, Michel Franck, de la Radio-Télévision de Madagascar (RTM), d’autre part, Joël Rakotomalala, de la chaîne de télévision MBS.
Le service public audiovisuel d’information de Madagascar a donc participé à cet événement, ce qui n’est pas le cas de RFO-Réunion. Pourtant, la distance parcourue par nos confrères malgaches est sans commune mesure avec les 20 kilomètres qui séparent les studios du Barachois de la Mairie du Port.

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