Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Visite du secrétaire national du SN-FO-LC
28 mai 2005

Jacques Paris, secrétaire national du Syndicat nationale Force Ouvrière des lycées et des collèges (SN-FO-LC), se trouve sur notre île. Il fustige le transfert des TOS, la loi Fillon et le projet Dutreil sur la modernisation de la fonction publique de l’État.
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Pour ceux qui pensent que cette visite répond à une logique de campagne en faveur ou contre le Traité constitutionnel, Jacques Paris est clair : "Force Ouvrière n’a donné aucune consigne de vote, mais nous avons mené un travail d’information, notamment sur les implications du traité sur le service public". Sa venue correspond en fait à l’organisation de l’assemblée générale de la section réunionnaise du SN-FO-LC, qui s’est tenue hier.
Cependant, il a tenu à exprimer le point de vue de son syndicat sur trois sujets essentiels, à savoir le transfert des TOS, les orientations de la loi Fillon et le projet de modernisation de la fonction publique d’État. D’abord, il s’inquiète du sort réservé aux personnels de l’Éducation nationale, enseignants et personnels Techniciens et ouvriers de service (TOS). À travers la France, ce sont 120.000 personnels qui seront transférés aux collectivités territoriales. Le syndicat constate que la France se décharge de ses responsabilités sur les collectivités locales, malgré le refus exprimé par ses derniers. Les TOS ont montré également leur hostilité à ce projet. La grève de 2003 l’a démontré.
Pourtant, le gouvernement Raffarin persiste, ce qui amène à se poser un certain nombre de questions, notamment sur l’avenir des missions de ce personnel. La France souhaite privatiser les services que rendent les TOS, dans une logique intolérable de grand dégraissage des effectifs. Jacques Paris ne peut s’empêcher de noter "le marché juteux pour les entreprises privées", particulièrement pour la restauration. Selon lui, il faut encore lutter contre ce projet. "Ce n’est pas parce qu’une loi a été votée, qu’il faut continuer à l’accompagner", déclare-t-il.
Enseigner bénévolement !
Après sa réforme des retraites, qui porte déjà un coup à nos retraités, le ministre Fillon propose le rationnement du savoir. L’école se brade au nom de la parcimonie. Du moins, c’est l’explication évoquée. Déjà, les horaires "obligatoires" diminuent à vue d’œil. Une professeur de français témoigne de la réduction de l’enseignement du français, "de l’ordre d’une année scolaire en moins". Auparavant, 6 heures étaient exigées au collège pour l’apprentissage du français. Les professeurs donnaient alors 9 heures de cours. Aujourd’hui, les francophiles les plus chanceux se voient dispenser 4 heures et demie de français, tandis que d’une manière générale, les élèves bénéficient de 4 heures de français. Voilà comment on fait du français la priorité académique à La Réunion. On s’étonne après que la maîtrise du français baisse catastrophiquement.
On note par ailleurs le manque de personnels, pour répondre au besoin de l’enseignement. Pour la rentrée 2005-2006, dans le secondaire, 7.000 postes seront supprimés, tandis que les moyens de surveillance sont totalement insuffisants. Il manquerait 30.000 postes, dû au départ des Maîtres d’internat, surveillants d’externat et aides éducateurs. Aujourd’hui, on fait appel à des collègues retraités pour assurer le soutien scolaire "bénévolement". Il est intéressant de noter que le ministre Borloo vient d’instaurer un statut spécifique pour le bénévolat. "Bientôt, enseigner ne sera plus un travail rémunéré, mais une action caritative", déplore Jacques Paris.
Outre cela, nous ne pouvons que déplorer le manque de place pour les élèves orientés vers les lycées professionnels. Parmi les 1.500 élèves concernés, plusieurs ont dû interrompre leur scolarité. Révoltant ! Pour résoudre ce problème, il faudrait la construction de deux nouveaux lycées d’enseignement professionnel.
Refonte du statut de fonctionnaire d’État
C’est là un projet qui concerne tous les fonctionnaires français. Le projet Dutreil vise la refonte générale de la fonction publique d’État. Ainsi, il n’existera plus que 28 filières dans la fonction publique. Par exemple, pour l’éducation nationale, il s’agira du même cadre d’emploi, de la maternelle à la terminale. Quelque 700.000 fonctionnaires sont concernés. Ce projet Dutreil défend l’idée de "mobilité ministérielle et interministérielle". C’est-à-dire qu’un ingénieur de la DDE désœuvré pourra être amené à donner des cours de mathématiques. La polyvalence est le maître mot, au détriment de la spécialité. Par ailleurs, la promotion par l’ancienneté sera abrogée pour un système de promotion par mérite. Théorie de la carotte ?
Bbj
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