Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Déjeuner de la presse au BabooKafé
10 novembre 2004

L’actualité littéraire tournera certainement autour du dernier ouvrage des éditions K’A, qui traite du “transfert” des ex-mineurs de la Creuse. Hier, à la librairie Entrepôt, le déjeuner de presse se voulait houleux. Et pour cause.
Sûr que “Tristes tropiques de la Creuse” fera parler de lui. Comme toutes les autres publications qui se sont risquées à aborder l’histoire des enfants de la Creuse. Hier, à la librairie Entrepôt, le déjeuner de presse était houleux.
"C’est une recherche qui n’est pas faite d’affectif et de romance", rappelait Gilles Ascaride, un des sociologues qui ont travaillé à sa réalisation. C’est sûrement ce qui a dû gêner l’avocate de l’association Rasinn Anlèr, maître Goburdhun Damayantee, qui s’offusquait du manque de communication auprès des associations concernées.
Le livre, à peine sorti, susciterait déjà des remous. Mais pourquoi ? “Tristes tropiques de la Creuse”, publié aux éditions K’A, veut apporter une analyse scientifique objective, mais surtout dépassionnée, de cette histoire encore peu connue des Réunionnais.
L’idée de cette recherche "est partie d’un hasard, en passant tout simplement par Guéret", poursuit l’auteur, qui a rencontré avec les deux autres chercheurs des enfants de la Creuse. Peut-être que les principaux concernés souhaitaient que ce livre soit plus engagé à leur cause.
Mais les deux auteurs présents lors de la présentation - le troisième étant le sociologue Philippe Vital - s’en défendent. Ils proposent purement et simplement un examen historique et une analyse sociologique de la politique migratoire imaginée par Michel Debré, qui ambitionnait de résoudre le problème de la surpopulation réunionnaise en “transférant” des Réunionnais vers des régions de l’Hexagone.
Aujourd’hui, nous le savons, cela s’est fait sans la volonté des enfants eux-mêmes, alors jeunes pupilles de la nation. "Le présent ouvrage permet enfin de comprendre l’affaire dans sa dimension historique, politique et sociologique, loin des passions et des analyses à l’emporte-pièce", préfaçait Éric Gasparini, professeur d’Histoire du droit à l’université de Toulon.
Rien n’est si évident. Les passions s’en mêlent forcément, alors que les trois auteurs se proposent de livrer une grille de lecture sur cet épisode d’histoire du temps présent. Les auteurs souhaitent clarifier ce qui s’est réellement passé.
"Ce n’est pas seulement une histoire réunionnaise, c’est aussi une histoire de France. C’est une affaire qui concerne l’État français", indique Philippe Vital, qui explique que cet ouvrage ne fera pas que des contents. Leur recherche place les politiques et cadres sociaux de l’époque devant leur responsabilité.
Gilles Ascaride, Corine Spagnoli, Philippe Vital ne font que questionner et "rendre compréhensibles les cadres sociaux, institutionnels, politiques ou encore culturels, du transfert des pupilles, de leur installation et de leur devenir en Métropole".
“Tristes tropiques de la Creuse” est un outil, servant à une meilleure compréhension de cette partie de notre histoire. Ce vendredi, à 16 heures, les auteurs se livreront à une séance de dédicaces à la librairie Entrepôt.
Bbj
Dédicaces vendredi à 16 heures à la librairie Entrepôt, à Saint-Denis.
Agent secret et orchidées tropicales
Les invités au petit déjeuner de presse (lire ci-dessus) ont eu un aperçu de deux autres livres. Francis Pornon et Martin Benke présentaient également leur ouvrage respectif.
Le premier est un Français voyageur qui s’intéresse particulièrement à l’Algérie, ou encore à des sujets houleux tels que l’usine AZF. Romancier, essayiste, il est l’auteur d’un livre sur un personnage véridique, agent de l’internationale, également agent secret. Sous le nom de “Le beau Franck”, c’est une véritable enquête que nous livre l’auteur, quittant les terres françaises pour venir présenter son travail.
Martin Benke est un Allemand qui vit depuis 5 ans maintenant sur notre île. Photographe de formation, il propose au grand public son premier ouvrage, où sont à l’honneur les orchidées sauvages de notre île.
“La Réunion des orchidées sauvages” devrait connaître un vif succès auprès des fins connaisseurs, ou des amoureux des belles couleurs florales de notre pays.
Il précise bien que son album n’a aucune prétention scientifique. "Je ne suis pas botaniste, ni scientifique", confie-t-il. Sur les presque 130 espèces présentes dans notre région, il ne livre que la beauté de quelque 64 espèces.
Jusqu’au 20 novembre, ses clichés sont exposés dans le BabooKafé de la librairie Entrepôt. Il se livrera à une séance de dédicace ce samedi après-midi dans la même librairie. Ne manquez pas cette actualité littéraire.
Dédicaces de l’auteur “La Réunion des orchidées sauvages”, ce samedi après-midi, librairie Entrepôt.
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