La laïcité réunionnaise un visage déformé de la laïcité française !

Droit de réponse à Mgr Aubry d’un citoyen de la République française

17 octobre 2006

Suite à un article de M.Aubry qui affirme que la laïcité à La Réunion serait un exemple d’un certain art de vivre ensemble, bien que n’appartenant pas à la franc-maçonnerie je souscris pleinement à l’analyse portée par le Grand Orient de France de la Réunion quant au phénomène communautaire qui se développe à la Réunion et que l’on veut nous faire passer pour l’application d’une laïcité moderne, harmonieuse et j’en passe... Mgr Aubry a du talent pour nous faire avaler ses couleuvres de bénitier.
Oui, il y a une affirmation de communautarismes à la Réunion de plus en plus importante comme d’ailleurs en France et dans le monde. Et c’est vrai que la Réunion a même... , malheureusement ! une longueur d’avance sur ce point-là. Ce phénomène est en opposition totale avec les valeurs de la République qui ne reconnaît en son sein que des citoyens égaux en droits et en devoirs. Certes ce principe est loin d’être concrètement appliqué dans les faits surtout dans les périodes de crises économiques et sociales. C’est d’ailleurs un argument pour les anti-républicains d’utiliser les faiblesses de la République dont les origines seraient à chercher ailleurs (ce n’est pas mon propos aujourd’hui) pour diviser la société en communautés qui seraient amenées à cohabiter ensemble « pour la construction d’une même communauté de destin » dit M.Aubry !
Sans vouloir exagérer on a vu vers quel destin le communautarisme a mené les populations des Balkans. Et les exemples ne manquent pas sur la planète toujours du fait religieux au service des classes sociales les plus riches de part et d’autre. Car c’est bien connu les riches n’ont pas, eux, de frontières, ni de principes ethniques ou religieux ! Leur famille se reconnaît à l’épaisseur des comptes bancaires, en actions et autre stock options. Leur religion c’est la Bourse.
Les balivernes c’est toujours pour les plus pauvres : des religions et des jeux, il en faut dans une société qui ne peut offrir un travail décent à chacun ! Mgr Aubry a compris qu’à La Réunion il ne pouvait officiellement garder le leadership de l’intox alors il en appelle au vivre ensemble mais à côté, aux autres religions en pleine expansion qui revendiquent de plus en plus, aujourd’hui poliment, demain avec plus d’insistance leur part de jours fériés, d’espaces et édifices financés par les fonds publics, de commémorations officielles sur les médias... et après demain ? Seule la République, telle qu’elle a été fondée en 1792 et enracinée avec les lois de 1875 à 1914, est le rempart à la division des hommes selon leur croyances, leurs superstitions et la couleur de leur peau. Et il ne s’agit pas d’« un art de vivre ensemble » surtout face aux appétits avides de tous les chefs religieux soucieux de recruter des ouailles. C’est bien un dispositif pour protéger les citoyens dans le respect de chacun afin que la religion reste une affaire individuelle et donc privée vis à vis notamment de l’ instruction publique.
Je terminerai en montrant comme dans la chanson « Paroles, paroles encore des paroles... » que si M Aubry dit « son attachement à la séparation du pouvoir politique et du pouvoir religieux » ce ne sont que des paroles et encore des paroles !. Pour les rendez-vous de La SAINT DENIS (!) les directeurs d’école ont reçu deux invitations dans la même enveloppe envoyée par la Mairie de Saint-Denis : l’une de Mgr AUBRY évêque de La Réunion et du Père Blunat invitant le lundi 9 octobre pour la Saint-Denis à la messe à 18h et une autre carte du Maire plus précise invitant et à la messe à 18h et au cocktail à 19h à la mairie !
Vous avez dit séparation des pouvoirs, laïcité nouvel art de vivre à La Réunion ? Le vrai visage à La Réunion c’est le piétinement quotidien de la loi républicaine de séparation des églises et de l’État.
Il est temps que les élus appliquent les lois, toutes les lois de la République. Le défilé des initiatives citoyennes à destination des jeunes Réunionnais pourront alors être prises au sérieux par ce public auquel elles sont sensées s’adresser et non comme de vulgaires opérations électorales. Quant à l’ensemble de la profession enseignante, elle pourra se livrer sereinement à sa mission d’enseignement.

Léon, citoyen libre-penseur


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus