L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
4 mars 2009

« Je suis à la tête d’un Etat qui est en situation de faillite sur le plan financier… » (François Fillon, le 22 septembre 2007 à Calvi). « Le débat politique sur le pouvoir d’achat est absurde. Qu’est-ce que vous voulez que je fasse ? Que je vide des caisses déjà vides ?... » (Nicolas Sarkozy, conférence de presse du 8 janvier 2008).
De fortes paroles de la part des deux plus hauts responsables de la Nation. Mais aussi, une tentative dérisoire pour nous faire croire qu’il est désormais inutile de récriminer pour améliorer notre pouvoir d’achat. Nos compatriotes antillais ne s’y sont pas trompés en tenant bon face à un Etat « qui se débine ». Faut-il rappeler à ces messieurs qui nous gouvernent que le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO)* a estimé, il y a un an, la fraude fiscale et sociale entre 29 et 40 milliards d’euros ? Excusez du peu ! D’autant que ce montant n’inclut pas les fraudes douanières…
Alors les caisses sont peut-être vides, mais elles ne demandent qu’à être remplies. Le CPO préconise un ensemble complet de mesures pour remédier, au moins en partie, à cette situation scandaleuse. Travail dissimulé, fraudes transnationales, paradis fiscaux, nouvelles technologies : le CPO analyse toute une panoplie de dispositifs permettant de frauder le fisc, la Sécurité sociale, les Assedic… Rien que pour la TVA, le manque à gagner pour le budget de l’Etat est évalué entre 7 et 12 milliards. Alors si les caisses sont vides, c’est qu’on le veut bien.
Le comble de cette situation, c’est que le gouvernement menace d’autres dispositifs légaux qui permettaient, au travers de mesures d’allègements et d’exonérations, de promouvoir le développement des DOM. Certes, il est bien plus facile de s’attaquer aux niches fiscales qu’aux fraudeurs. Mais ces niches fiscales, montrées d’un doigt accusateur, ne sont, en fait, qu’une dérogation au principe d’unicité du budget. Ainsi, plutôt que de tomber dans le tonneau sans fond du budget général, ces niches alimentent directement des investissements indispensables à notre développement. Il vaut mieux que de riches résidents en métropole nous consacrent leurs économies plutôt que de combler les trous laissés par les fraudeurs, non ?
Au moment où l’économie planétaire traverse une crise majeure, il serait indécent de laisser persister ces fraudes qui profitent à ceux qui en ont le moins besoin. Dans sa grande mansuétude, le gouvernement distribue les miettes tombées de la table du festin bancaire : 2,6 milliards d’aides sociales annoncées le 18 février et 580 millions pour l’Outre-mer sur plusieurs années le 19 février. Et la menace persiste sur les dispositifs vertueux de défiscalisation qui avaient été mis en place par la loi "Girardin" pour plusieurs années. Reste à souhaiter que le Parlement privilégie les investisseurs au détriment des fraudeurs : un choix qui s’impose !
Charles Durand,
Le Brûlé - Saint-Denis
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
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