Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
11 septembre 2009

Antoine Franco s’exprime régulièrement dans les médias. Les citations ci-dessous extraites d’interventions sur un journal en ligne traduisent sa vision des Réunionnais et, au-delà, du “peuple”.
Pour lui, nos compatriotes ont une « attitude égoïste, qui tend à toujours se reposer sur les combats des autres ». Est-ce le résultat d’« une certaine passivité historique bien connue ? », demande-t-il. Selon lui, les Réunionnais sont « très forts pour hurler avec les loups sur Freedom (…) ou dans les Courriers des lecteurs, mais aux abonnés absents dès lors qu’il faut passer à l’action et se montrer » (17/09/09). Ils « dénoncent les abus avec la langue » (14/08/08). Ils se défoulent « dans l’anonymat » (14/08/008). « Sans doute courage i manque à eux ! », écrit-il. Ou alors, ils « sont si gentils et acceptent tant tout ce qu’on veut leur faire subir ! » (06/08/08). Pour lui, les Réunionnais ne développeront jamais leur tourisme car c’est un secteur où il faut travailler et ce ne sont pas des horaires de bureau et “du gratte son cul social”.
« Quand une population, dans sa très grande majorité (…), ne fonctionne qu’avec le principe : qu’est-ce que j’y gagne tout de suite, il est difficile de concevoir une politique de développement », analyse-t-il (13/09/08). Les Réunionnais n’adhèrent pas aux « valeurs humanistes » de la République, dit Franco, parce que ces valeurs « sont bien loin de la réalité des chariots des grandes surfaces, des belles autos, des belles maisons, de l’opulence matérielle dans laquelle certains baignent aujourd’hui à La Réunion et à laquelle beaucoup aspirent » (17/09/08). En effet, « beaucoup de citoyens (…) préfèrent le statut d’esclave moderne à qui on apporte l’accès aux biens matériels en contre-partie de l’abandon de sa citoyenneté à ceux qui vont se charger avec l’État de tout pour lui ! », analyse-t-il.
Les élites réunionnaises ne sont pas épargnées, les « élus, fonctionnaires, dirigeants syndicalistes » sont des « insulaires à part » abandonnant le sens de « l’intérêt général » pour transformer La Réunion en « une République bananière ».
Antoine Franco se dit différent : « le courage ne me manque pas, c’est le courage des autres, de tous les autres qui sont des victimes comme vous et moi, qui manque cruellement » (15/08/08). Contrairement aux Réunionnais sans courage, il se situe, lui, parmi la « petite poignée d’irréductibles gaulois très volontaires » qui « luttent au quotidien, pied à pied, pour rétablir à l’endroit ce monde à l’envers et rendre au peuple son rôle » (16/08/08). Car, pour Antoine Franco, le peuple a « abandonné par fainéantise, par facilité, par lâcheté, par égoïsme le rôle qui est le sien au nom de lui-même, de tous et de ses enfants ».
Ce discours, plein de haine, de mépris, de racisme de la masse des Réunionnais et, accompagné par le culte du chef, est l’expression d’un populisme fascisant.
Jacqueline Esparon
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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