L’Abbé Pierre et le logement... à La Réunion

6 février 2007

Le Sénat a adopté le jeudi 1er février le projet de loi sur le droit au logement opposable. La Fondation Abbé Pierre a refusé que la future loi porte le nom de son fondateur. Au moment du décès de l’Abbé Pierre, ici même à La Réunion, la presse a fait paraître des articles sur la situation locale du logement. Elle a beaucoup utilisé le rapport de la Fondation Abbé Pierre à La Réunion. Personnellement, dans l’homélie que j’ai prononcée à la Cathédrale, le vendredi 26 janvier, j’ai fait état de quelques réflexions de l’Abbé Pierre lors de son dernier passage à La Réunion et les questions que nous pouvons nous poser actuellement. J’estime bon de communiquer au grand public les propos que j’ai tenus. Ils me paraissent toujours d’actualité.

« Lorsque l’Abbé Pierre est venu à La Réunion, au fil de ses visites et de ses échanges, il a découvert les besoins importants en logements locatifs sociaux à partir des problèmes de déplacements de bidonvilles, de cohabitation et de surpeuplement dans les immeubles. Il a invité alors les Réunionnais à parler d’une seule voix pour trouver des solutions. Si le dossier du logement comporte des aspects techniques et financiers importants et difficiles, la réponse à y apporter ne sera valable que si elle répond effectivement à des besoins humains. Ce qui est en jeu, ce sont des personnes, des couples, des familles. C’est la possibilité de vivre en sécurité dans un “chez-soi” décent. Voilà la priorité. C’est le cri de quelques milliers de familles à La Réunion.

Les besoins sont immenses. Comment faire fonctionner les différents champs de compétences et les responsabilités pour articuler la politique du foncier avec celle de la construction, celle du financement global avec celle de l’aide à la personne ? Comment satisfaire les besoins légitimes des grands chantiers actuels et à venir sans que la construction de logements ne soit pas pénalisée ? Et si la construction de logements nécessaires devenait un grand chantier pour l’ensemble de La Réunion ? Ce n’est pas la justification du fonctionnement de chaque institution ou de chaque instance qui compte. Ce qui compte c’est la mobilisation des énergies et des moyens humains et financiers pour créer des synergies entre tous les partenaires. Partenaires ? Nous prions alors pour que les intérêts particuliers s’inscrivent dans la promotion d’un bien général à définir ensemble. Les politiques, les organismes et les associations concernés ont là un rôle essentiel pour rechercher la cohérence, définir les projets et affirmer fortement une volonté politique partagée. Il s’agit d’être habités par la volonté d’aboutir en tenant compte de tous les paramètres et de la bonne volonté de toute la population. »


Monseigneur Gilbert Aubry


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Témoignages - 82e année


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