L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
5 juin 2008

N’avons-nous pas trop tendance à définir notre identité de manière unidimensionnelle en la réduisant à une de nos appartenances ? Tout enfermement dans une identité close n’est-il pas potentiellement source d’intolérance ?
Dans son ouvrage le plus récent,"Identity and Violence : The Illusion of Destiny", le lauréat du prix Nobel d’économie en 1998, Amartya Sen, nous met en garde contre l’illusion d’une identité unique, déterminée à l’avance par la naissance ou l’appartenance religieuse. Pour l’éminent économiste indien, nous possédons plusieurs identités et, de surcroît, elles ne sont pas figées. Chaque individu participe à divers groupes et chacune de ces collectivités lui confère une identité particulière. Mais « aucune de ces identités ne saurait être tenue pour la seule définition de l’individualité de cette personne et aucun de ces groupes, pour la seule catégorie à laquelle elle puisse appartenir ».
L’identité, dans cette perspective, se pense en termes de pluralité, de complexité et de mouvement. Limiter, en conséquence, notre perception d’une personne à sa religion, sa couleur, son sexe ou sa nationalité est un abus pouvant conduire à une forme d’intolérance. D’autre part, s’enfermer soi-même dans une identification exclusive à une appartenance (religion, culture, ethnie) c’est ne pas prendre conscience de toute la richesse de sa propre personnalité. Aucune catégorisation ou enfermement ne peut révéler toute la richesse de l’être humain.
Pour Amartya Sen, « la violence est encouragée par l’idée d’une identité forcément unique à laquelle nous sommes supposés appartenir et qui exige beaucoup de nous. Cette identité soi-disant unique, imposée, est souvent un élément déterminant dans l’art guerrier de fomenter l’affrontement sectaire ». Certes, un fort attachement à un lieu, une culture ou une communauté est, comme le souligne notre lauréat du prix Nobel d’économie, un puissant levier capable d’entraîner de grands changements bénéfiques, mais c’est lorsqu’une personne s’enferme dans une seule et unique identité qu’elle s’expose à des graves problèmes, devenant notamment plus vulnérable à la manipulation.
Amartya Sen aime rappeler que l’identité - la nôtre et celle des autres - n’est pas un destin ; qu’elle est en grande partie une question de choix et que ce qui brime très souvent notre liberté, c’est croire que nous sommes moins libres que nous le sommes réellement.. « Nous avons, dit-il, la responsabilité de nos choix et de nos raisonnements ». Autrement dit, toute personne a la liberté de choisir de se référer ou non à une communauté culturelle, a le droit de modifier ce choix, de se référer à plusieurs communautés culturelles simultanément, et ce sans considération de frontières. C’est donc dire que nul ne peut se voir imposer l’obligation de rester enfermé dans son groupe d’origine, sa culture maternelle ou sa religion.
Les personnes sont des individus aux identités multiples. On ne peut les mettre dans de « petites boîtes », souligne notre auteur. Dans sa défense de la pluralité d’appartenances qui fait la singularité de chaque personne, Amartya Sen rejoint, entre autres grands penseurs, Michel Serres, Edgar Morin, Amine Maalouf, Sélim Abou et François Laplantine.
Reynolds MICHEL
Amartya Sen, prix Nobel d’économie en 1998
Né le 3 novembre 1933 à Santiniketan dans l’actuel Bengladesh. Economiste - prix Nobel d’économie en 1998 - et intellectuel humaniste. Il a renouvelé l’analyse économique en promouvant des critères d’évaluation du bien fondés sur les performances des hommes et non sur les propriétés des biens.
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
Mi koné pa kossa zot i panss kan zot lé an parmi. Mi oi bien zot i rogard lé z ‘inn épi lé zot. Mi oi bien tazantan sa i di azot kékshoz. Tète-la (…)
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