Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Mobilisation dans l’Éducation nationale
12 septembre 2008

Réduire les effectifs des classes, aider les élèves en difficulté sur le temps scolaire, mieux former les enseignants... L’intersyndicale continue à se battre pour que l’école assure au mieux sa mission d’égalité des chances. La journée d’action d’hier a servi à sensibiliser l’opinion.
Pas de grève pour la journée d’action de l’Education nationale, mais une sensibilisation de l’opinion. L’intersyndicale FSU, Unsa-Education, Sgen-Cfdt, Saiper, Sud-Education, FO, Sgen-Cgtr, Unef, FCPE a privilégié l’information aux parents d’élèves, faisant circuler des tracts sur « l’école au pain sec » : une liste des mesures qui démantèlent le service public d’éducation et dont les effets se font déjà sentir dans l’académie. C’est à l’IUFM que les représentants des enseignants, personnels de l’Éducation nationale, parents et étudiants se sont retrouvés hier pour défendre leur vision de l’école. IUFM, lieu symbolique, de formation des enseignants, et qui sera supprimé à la rentrée 2010.
« L’école au pain sec », la formule résume ce que subit le système éducatif. Cours supprimés, horaires réduits, classes surchargées... l’égalité des chances, mission numéro 1 de l’école, est aujourd’hui compromise. Pour Marie-Hélène Dor (FSU), l’école est passée d’une « logique de mission vers une logique de budget » qui se répercute sur la qualité de l’enseignement.
13.500 départs à la retraite ne seront pas remplacés à la prochaine rentrée, dont 8.500 enseignants, qui s’ajoutent aux plus de 10.000 suppressions cette année. Les nouveaux programmes de l’école primaire, décidés sans concertation, représentent une régression pour les syndicats. La Réunion n’échappe pas à ces décisions du gouvernement. Dans le second degré, l’académie a recours de plus en plus aux enseignants contractuels, 10%, précise Jean-Louis Belhote (Sgen-Cfdt), et les heures supplémentaires comblent le manque d’enseignants titulaires. A l’école maternelle et élémentaire, il n’y a eu pour la rentrée aucune création de poste, « en dépit d’une courbe toujours ascendante des naissances ».
Quel avenir pour la jeunesse ?
Comment l’académie fait-elle des économies ? Le SNEP dénonce le recours massif aux contractuels pour occuper les postes de professeurs d’EPS et les subventions gelées de l’UNSS qui subit depuis peu la concurrence de l’accompagnement sportif. Pourtant, « le ministre s’est engagé à doubler la subvention », rappelle Benoît Coquelard, trésorier académique du SNEP.
Evelyne Derriennic, secrétaire académique adjointe du SNUEP, explique comment le gouvernement est arrivé à « lisser les besoins en postes » dans les lycées professionnels avec la réforme du Bac Pro en 3 ans, et là aussi, l’association des heures supplémentaires et les contractuels. Dans le premier degré, la suppression des contrats aidés contraint à transférer certaines tâches aux enseignants. Le Sgpen-Cgtr rappelle que 343 emplois en filière administrative et vie scolaire ont été supprimés à la rentrée. Martine Massias-Millot du SNES dénonce les classes surchargées de « 35, voire 37 élèves », et ce sont « les élèves les plus défavorisés qui en pâtissent ».
Qu’en pensent les parents d’élèves ? Christian Léger, porte-parole de la FCPE, exprime son inquiétude quant à la qualité de l’enseignement. « Les emplois du temps sont plus serrés, avec des élèves de niveaux différents, les élèves sortent du collège sans obtenir de place en lycée professionnel... ». Et l’école, loin d’être gratuite, fait supporter aux familles des dépenses importantes : le transport, les équipements sportifs, les livres, les outils en lycée professionnel.
Les étudiants ne sont pas en reste. « Quel avenir pour ceux qui aimeraient s’engager dans la voie de l’enseignement ? », demande Nelly Hagen, du Mouvement Interfaculté des étudiants actifs. Guillaume Aribaud de l’UNEF dénonce la suppression de l’IUFM, alors que les enseignants manquent de formation, et la suppression des postes aux concours, dans un contexte où la jeunesse réunionnaise souffre de la pénurie d’emplois. « Obtenir une place aux concours est devenu un luxe ou un parcours du combattant », affirme-t-il. Comme celle des enseignants et des personnels de l’éducation, la voix des étudiants n’est pas entendue par ce gouvernement. Tous s’allient aujourd’hui pour mobiliser la société.
Edith Poulbassia
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