Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Elections européennes
18 mai 2009, par

La CGPER a présenté hier la plate-forme de proposition qu’elle présente aux têtes de liste de la circonscription de l’Outre-mer, dans le cadre des élections européennes. Le prochain mandat de député sera en effet marqué par la négociation de la future politique agricole commune. Le point a été également fait sur la revalorisation de la bagasse.
Hier à Bras-Panon en présence de plus de 50 planteurs, la CGPER a présenté les revendications qu’elle compte soumettre aux têtes de liste de la circonscription de l’Outre-mer. Jean-Yves Minatchy, président de la CGPER et de la Chambre d’agriculture rappelle que les filières végétales reçoivent de l’Europe au titre de la Politique agricole commune (PAC) 70,8 millions d’euros de subvention, dont 49 millions pour la filière canne.
Jean-Yves Minatchy affirme que dès le 7 juin, le travail commencera pour les députés élus au Parlement européen. Il indique qu’il a prévu de rencontrer les têtes de liste de la circonscription de l’Outre-mer. « Nous avons déjà rencontré Mme Costes, nous devons encore rencontrer Mme Guigou et Élie Hoarau », c’est-à-dire respectivement l’UMP, le PS et l’Alliance des Outre-mer.
Pour l’agriculture réunionnaise, les enjeux du prochain mandat des députés sont en effet importants. Il s’agit de négocier la nouvelle PAC, dans une Europe élargie à 27 pays. Jean-Yves Minatchy rappelle aussi qu’après 2013, il y aura un autre règlement sucrier. Pour le moment, le président de la CGPER indique que le gouvernement a donné des garanties aux planteurs, mais pour les autres filières, le risque immédiat est présent. D’où « une feuille de route » proposée à tous les candidats : un PAC adaptée aux spécificités de La Réunion reconnues dans l’article 299-2 du traité européen ; maintenir les OCM, en particulier l’OCM Sucre duquel découle le prix de la canne ; prévoir des clauses de sauvegarde dans les APE pour les productions locales ; militer pour la reconnaissance de la multifonctionnalité de l’agriculture ; arriver à une répartition équitable de toutes les richesses énergétiques des produits agricoles ; arriver à l’autosuffisance alimentaire de l’île ; appliquer le principe de précaution pour tous les OGM ; compenser l’insularité avec le fret zéro ; développer l’irrigation…
La bagasse : une question de survie
« Nous comptons beaucoup sur les futurs parlementaires », a poursuivi Jean-Yves Minatchy avant de préciser qu’il est indispensable que le prochain SAR préserve 50.000 hectares pour l’agriculture, dont 30.000 pour la canne.
C’est ensuite Marcel Bollon qui a fait le point sur le dossier bagasse. En effet, mercredi, les députés ont adopté la LODEOM qui prévoit une revalorisation du prix de l’électricité produit à partir de la bagasse. Marcel Bollon rappelle qu’« en 1969, à la suite d’une série d’accords, nous avons perdu les sous-produits », et que depuis sa création la CGPER a toujours lutté contre cette injustice. Sur la base du texte voté à l’Assemblée nationale, la CGPER revendique un bonus de 14 euros par tonne de cannes pour le planteur. Pour un planteur qui livre 500 tonnes par an, cette revalorisation permettrait d’augmenter son revenu mensuel de plus de 500 euros.
Marcel Bollon rappelle aussi que le contexte est à une baisse du prix du sucre, et donc que « notre survie dépend de ce que nous allons gagner avec la bagasse ». Et de mettre en garde contre ceux qui, comme un sénateur de l’Est, voudrait redistribuer « à l’ensemble de la filière » les gains obtenus avec la bagasse. Si nous arrachons quelque chose, nous ne voulons pas être obligés de le partager avec les usiniers, dit en substance Marcel Bollon. Et de conclure : la bagasse est un droit pour tous les planteurs.
Manuel Marchal
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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