Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
18 juillet 2009

La Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise (MCUR), projet de la Région Réunion en voie de réalisation, repose dès maintenant sur des fondations solides : visibilité de ses objectifs, mobilisation d’un comité de pilotage et d’un Conseil scientifique, lancement d’un programme d’inventaire des savoirs populaires, mise en place et suivi du programme Shemin la vi avec les scolaires, organisation de Zarboutan Nout Kiltir et du cycle de conférences MCUR et approbation par la Commission permanente de l’avant-projet définitif de construction de la MCUR.
Une dynamique a ainsi été créée pour faire émerger d’une histoire de déshumanisation de populations déportées — deux siècles d’esclavage, un siècle de colonialisme et soixante ans de démocratie post-coloniale — une société interculturelle où la diversité culturelle est liée à l’unité et à la citoyenneté et l’identité conçue comme relation, maillage, mouvement, fondamentalement plurielle, donc fondatrice d’une éthique de la relation.La Réunion, nous le savons, est née d’un choc culturel brutal entre populations venues de plusieurs îles et continents. Mais en dépit de la violence de ce choc culturel et de la mise en œuvre de politiques de discrimination les plus brutales, ces populations, porteuses de cultures diverses, se sont rencontrées, fut-ce dans une douleur extrême, donnant naissance à une langue et un patrimoine culturel, dont nous sommes fiers.
C’est cet héritage que la MCUR veut consolider et approfondir en montrant, à la fois, la richesse de nos civilisations et cultures d’origine, et les nouvelles pratiques culturelles et les valeurs communes générées paradoxalement par la rencontre brutale entre les populations venues de Madagascar, des Comores, d’Afrique, d’Asie, d’Europe… qui ont peuplé La Réunion.
Certes, l’histoire de La Réunion est une histoire de mépris et du dénigrement culturel, mais c’est également l’histoire d’une résistance et d’inventivité permanentes. Et la résistance la plus profonde et la plus radicale a été la résistance et l’inventivité culturelles. C’est cette histoire dans sa totalité que la MCUR veut mettre en valeur pour consolider notre lien social et construire notre identité en promouvant l’ouverture aux autres, l’écoute des différences, la mise en commun de nos mémoires et la rencontre-partage de nos cultures et de nos traditions.
La MCUR veut donc être un lieu de partage et de transmission de notre histoire et de nos valeurs communes. Par son offre culturelle et éducative, en lien et synergie avec notre réseau culturel et muséal, et, de surcroît, par sa qualité architecturale et le site de son implantation sur le lieu historique du premier peuplement de l’île, la MCUR contribuera au développement touristique de l’île, tout en étant un outil de son développement économique. D’où l’urgence de sa réalisation.
Reynolds Michel
Courrier des lecteurs
Mézami , néna par-la dë somenn in sèrtin prézidan zétazini la di dann in konféranss de press li lé dakor pou ashté bannzil chagos mé sa sé in (…)
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