Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Avec la restructuration mondiale du marché du sucre
19 novembre 2010

Dans ’Témoignages’ d’hier, il avait été expliqué le fond des propos tenus la veille par le président du Syndicat du Sucre, ainsi que l’impasse dans laquelle se situe la filière dans la situation actuelle. Dans ces conditions, qu’est-ce qui pousse Téréos, un acteur mondial du sucre, à investir à La Réunion ? La réponse se situe dans l’accumulation de deux siècles de savoir-faire et de recherches, et dans une intense concurrence mondiale.
Lorsque les derniers usiniers réunionnais décident de tout brader au moment où va s’engager l’étape décisive des discussions sur le prochain prix du sucre, ils n’ont pas seulement cédé une industrie.
Et qui pourrait croire que Téréos soit motivé uniquement par un quota de 300.000 tonnes de sucre qui n’a jamais été atteint, et qui ne peut plus l’être pour des raisons structurelles (voir encadré) ?
Ce qui intéresse surtout cette coopérative de planteurs de betteraves, c’est le savoir-faire accumulé par deux siècles de recherches. Car avec les deux sucreries, les derniers usiniers réunionnais ont également vendu ce qui était le CERF, un outil financé par les planteurs qui a donné naissance à de nombreuses variétés de cannes dispersées dans le monde.
Dénommé R’Canne, ce centre de recherche est le seul élément de la filière qui peut faire l’objet d’une valorisation dans le contexte actuel. Car avec l’émergence de grands pays exportateurs, et avec la commercialisation de nouveaux produits issus de la canne, cette plante devient un enjeu de technologie mondiale. Et avec la mondialisation des échanges, les recherches doivent donner des résultats beaucoup plus rapidement.
L’institut de recherche réunionnais a déjà prouvé qu’il peut obtenir des résultats en utilisant des techniques d’hybridation naturelle. C’est un socle pour de nouvelles expérimentations. Et c’est là qu’entre en jeu la position stratégique de La Réunion, île au milieu de l’océan Indien à 10.000 kilomètres de l’Europe.
Car pour tenter d’être devant la concurrence, grande est la tentation de recourir à d’autres procédés pour créer de nouvelles variétés de cannes à sucre : les OGM. Pourquoi ne pas envisager cette possibilité ? En effet, La Réunion est un endroit éloigné du siège des grands groupes de pression que constituent les ONG de protection de l’environnement comme Greenpeace. Alors, bientôt des cannes à sucre OGM à La Réunion ?
M.M.
300.000 tonnes de sucre : un quota impossible à atteindre
La Réunion a la possibilité d’exporter 300.000 tonnes de sucre vers l’Europe à un prix garanti, et plus élevé que le cours mondial.
Mais depuis que ce quota existe, jamais les usiniers n’ont été capables d’atteindre ces 300.000 tonnes. Il est d’ailleurs important de noter que dans l’Histoire de La Réunion, cette production n’a jamais été atteinte.
Le record absolu, il date de 1961, avec 262.000 tonnes. Les deux dernières campagnes d’avant les accords de 1969 étaient proches de ce record, avec 253.000 tonnes en 1968 et 260.000 tonnes en 1969.
La réforme structurelle engagée par les accords de 1969 a cassé cette dynamique, et il n’y a qu’en 1982 et en 1988 que les 250.000 tonnes ont été dépassées. Mais à l’époque, il y avait beaucoup plus de planteurs, d’usines et de foncier. Autrement dit, il est impossible d’atteindre ces 300.000 tonnes avec la structure actuelle de la filière héritée des accords de 1969, les records des années 60 sont là pour le rappeler.
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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Messages
19 novembre 2010, 08:50
Je crois plus à la STEVIA qu’au sucre OGM. Beurk !