Prix des carburants et du gaz

Le PCR démontre qu’une baisse de 20% est possible

28 novembre 2008

Au 1er décembre, les nouveaux tarifs des carburants et du gaz fixés par le préfet entreront en vigueur. Pour le PCR, le préfet peut et doit décider d’une baisse de 20%. Les marges de manœuvres existent, elles se trouvent dans les bénéfices exorbitants des compagnies pétrolières.

C’est le 1er décembre que seront appliqués les nouveaux prix des carburants et du gaz décidés par le préfet. À quelques jours de cette échéance, le Parti Communiste Réunionnais démontre qu’une baisse de 20% est possible. Les marges de manœuvres à la disposition du représentant de l’Etat, seul habilité à fixer les prix des produits pétroliers, se trouvent en effet dans les bénéfices exorbitants des compagnies pétrolières.
Sylvie Mouniata rappelle la situation difficile vécue par les familles réunionnaises, qui voient leur pouvoir d’achat diminuer. Elle souligne que les compagnies pétrolières réalisent des bénéfices indécents sur le dos des consommateurs. Or, depuis le mois de juillet, le prix du baril de pétrole ne cesse de diminuer. Cela explique pourquoi la seule décision que peut et doit prendre le préfet est une baisse significative des prix des carburants et du gaz le 1er décembre prochain.
Fabrice Hoarau met le doigt sur le paradoxe de La Réunion : alors que le prix du baril de pétrole baisse, le prix de l’essence et du gaz ne baisse pas, contrairement à ce qui se passe partout dans le monde (voir encadré).
Autrement dit, la population réunionnaise ne comprendrait pas que le préfet puisse décider autre chose qu’une baisse.
Fabrice Hoarau montre également que depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, les bénéfices des compagnies pétrolières ne cessent d’augmenter considérablement. Sur les neuf premiers mois de l’année, Total a vu ses profits augmenter de 21% par rapport à l’année précédente, Shell de 31%. « Au moment où les Réunionnais connaissent des problèmes de pouvoir d’achat, les pétroliers se gavent », constate Fabrice Hoarau, « il faut que cela cesse ».

-26% en France, -2,5% à La Réunion

Enfin, la comparaison de l’évolution des prix des carburants pratiqués dans plusieurs pays depuis le 1er septembre montre encore la situation bien particulière de La Réunion : -26% en France, -25% à Maurice, -21,5% à Mayotte et... -2,5% à La Réunion !
Fabrice Hoarau rappelle d’ailleurs que depuis le moment où le prix du baril de pétrole a commencé à baisser, c’est-à-dire depuis la mi-juillet, La Réunion a connu deux augmentations : au 1er août et au 1er septembre. De plus, malgré une baisse des prix de 26% en France, Nicolas Sarkozy convoque les pétroliers, car il s’étonne d’une si faible diminution par rapport à une baisse de 60% du prix du baril depuis juillet. Si une baisse de 26% est jugée insuffisante par le chef de l’Etat, que dire alors de celle de 2,5% à La Réunion ? Les compagnies pétrolières disposent donc de marges de manœuvres significatives.
Toutes ces données concourent à une conclusion : « une baisse substantielle des prix des carburants et du gaz est absolument nécessaire ». Le PCR attend donc du préfet que pour le 1er décembre, « il annonce une baisse significative des prix à la hauteur des attentes de la population ».

Manuel Marchal

L’évolution comparée des prix du baril de pétrole et de celui de la bouteille de gaz montre la marge de manœuvre dont disposent les compagnies pétrolières.
À La Réunion, les marges des compagnies pétrolières sont trois fois plus importantes qu’en France.

Le paradoxe de La Réunion

Baisse du prix du pétrole de 38%
Hausse du prix du gasoil de 10,5%

En novembre 2007, le baril du pétrole valait 95,18 dollars, soit 64,11 euros. A cette date, le prix du gasoil valait 1,04 euro à La Réunion. Aujourd’hui, le baril vaut 51 dollars, soit 39,80 euros. Le prix du gasoil est aujourd’hui de 1,15 euro suite à la dernière baisse des 10 centimes.
Au moment où le baril baisse de 38%, le prix au litre du gasoil augmente de 10%. La logique aurait voulu une baisse du prix à la pompe lorsque le prix du baril baisse. Ce n’est pas le cas. Il y a manifestement une volonté de spolier le consommateur. Cette réalité conduit à un enrichissement exceptionnel du pétrolier.

Date Baril en dollars Baril en euros Prix gasoil (euros/litre)
26 novembre 2007 95,18 64,11 1,04
26 novembre 2008 51,00 39,80 1,15
Variation % -38 % +10,5 %

Les Réunionnais ont payé la spéculation

Elie Hoarau indique que la baisse du prix du pétrole observée depuis le mois de juillet est l’illustration de l’éclatement d’une bulle spéculative.
« Comment expliquer la montée importante des prix si ce n’est par la spéculation. Les spéculateurs ont forcé la demande, cela a entraîné un enrichissement de sociétés ». « C’est nous qui avons payé la spéculation », précise le secrétaire général du PCR.
Il rappelle que dans le mouvement des transporteurs, « on a voulu faire payer la spéculation des compagnies pétrolières par la Région, et donc par les Réunionnais ». Car à aucun moment il n’a été question des profits des compagnies pétrolières dans les revendications du mouvement. Or, même Yves Jégo a dénoncé des profits considérables réalisés dans l’opacité la plus totale. Ignorer les compagnies pétrolières et cibler sur la Région ne peut donc qu’avoir un objectif politique, dans la perspective d’échéances électorales futures.

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