Application du Revenu de Solidarité Active

Les Centres Communaux d’Action Sociale ne pourront pas assurer

19 juin 2009, par Edith Poulbassia

À La Réunion, comme partout sur le territoire national, les CCAS sont amenés à gérer l’attribution du Revenu de Solidarité Active (RSA). L’Union Départementale des CCAS propose une table ronde aux acteurs sociaux. Car les CCAS n’ont pas les moyens d’assurer cette mission à La Réunion.

Les Centres Communaux d’Action Sociale (CCAS) sont en première ligne pour l’application du Revenu de Solidarité Active (RSA). Ils gèrent l’attribution de cette allocation qui remplace désormais le RMI (Revenu Minimum d’Insertion) et l’API (Allocation Parent Isolé) en France.
À La Réunion, le RSA ne devrait être appliqué qu’à partir de janvier 2011. Mais déjà, l’Union Départementale des CCAS attire l’attention sur le contexte. Près de 120.000 bénéficiaires de RMI, API, RSO, sans compter les salariés, auront droit au RSA. Une affluence que les CCAS de La Réunion estiment ne pas être en mesure d’assumer. « Les CCAS à La Réunion sont très sollicités. Ils n’ont pas les moyens d’assurer d’emblée l’accueil, l’orientation, le suivi de tous les dossiers », affirme Éric Fruteau, président de l’UDCCAS.
Contrairement à la France, la gestion des allocations comme le RMI n’a jamais été assurée par les CCAS. Ce rôle revient à l’Agence Départementale de l’Insertion (ADI). Les CCAS ne disposent donc pas du savoir-faire nécessaire pour gérer le Revenu de Solidarité Active.
L’UDCCAS propose donc d’ouvrir le débat dès maintenant : quel dispositif adopter à La Réunion pour l’application du RSA ? Éric Fruteau demande l’organisation d’une table ronde aux acteurs sociaux que sont l’ADI, la CAF, le Pôle Emploi, les CCAS. Une demande qu’il va relayer auprès du Conseil général et l’Association des Maires.
Il ne s’agit pas pour l’UDCCAS de remettre en question l’application du RSA à La Réunion, mais d’anticiper. Depuis la décentralisation, les missions des CCAS ont été élargies, du champ social vers la santé publique. Les CCAS s’occupent des publics défavorisés, animent des actions de développement social local en faveur des familles, des jeunes, des personnes âgées et handicapées, des publics en situation d’exclusion. Les aides financières s’accompagnent d’actions de prévention, d’information et d’animation.

EP


Les CCAS s’unissent

Une Union Départementale des CCAS vient d’être créée. Elle est présidée par Éric Fruteau, président du CCAS de Saint-André. Viviane Malet, Jean-Luc Saint-Lambert, Jacqueline Silotia sont vice-présidents.
L’UDCCAS est liée à l’Union Nationale des CCAS. Son rôle, prendre des positions fortes face aux gouvernements pour défendre les intérêts des CCAS. Elle est partenaire des institutions pour la mise en place de dispositifs en faveur du public des CCAS. L’UNCCAS a créé un réseau européen des élus de l’action sociale locale.
Autres préoccupations de l’UDCCAS : la réduction des dotations soins pour les établissements, services sociaux et médico-sociaux, suite aux lois de finances et de financement de la Sécurité sociale en 2009. « 500 établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) sont concernés ».
Et le problème croissant des impayés de factures d’eau et d’électricité du public qui se tourne en priorité vers les CCAS.

RSA - RSTA

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