Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
18 novembre 2003

À entendre les formules diffamatoires ou accusatrices de chacun des deux camps en ce qui concerne le débat sur la langue créole (écrite, orale, phonologique ou étymologique), on se dit que décidément les Réunionnais n’ont pas plus le sens ni la pratique de l’harmonie et de l’unité que n’importe quelle autre population du globe.
Définissons l’unité comme ce que l’on peut atteindre par le dépassement des contraires.
Ceux, qui prônent le créole phonologique à enseigner à l’école et à imposer à tous les Réunionnais quelles que soient leurs convictions et leur approche de ce langage, ne liront jamais ceux qui écrivent le créole étymologique. Ils se refuseront à le faire par sectarisme et par mépris pour cette graphie "coloniale", même s’ils disent apprécier les écrits des poètes et paroliers d’autrefois qui ont laissé des œuvres toujours d’actualité.
Ceux qui ne veulent pas voir disparaître le créole étymologique (ou disons plutôt étymologisant) ne sont pas moins sectaires puisque la plupart d’entre eux refusent de lire des textes très beaux qui font honneur à l’identité réunionnaise uniquement parce qu’ils sont contre cette graphie. Heureusement qu’ils se rattrapent en écoutant les chansons ou les proverbes qui passent sur les ondes. Magie de l’oral ? Ceux - et ils sont nombreux - qui aiment les chansons telles que "kaskavel", "inn ti manzel", "kaz moulalé", "la foré banyan", "Romans la o", et qui les chantent, savent-ils seulement que ces textes sont écrits en créole phonologique ? Mais oui ils le savent. Et puis on ne sait pas quel sera le résultat des travaux sur la graphie du créole et son enseignement à l’école, mais il est toujours bon de s’intéresser aux mouvements culturels de sa région et de sa communauté.
Si des deux côtés les protagonistes cherchaient à s’intéresser à la démarche et à la façon de voir de l’autre, peut-être l’unité réunionnaise tant vantée se réaliserait-elle vraiment. Et notre île aurait alors une longueur l’avance de plus sur toutes les communautés de destin qui souhaitent la paix et l’harmonie chez elle et sur toute la terre.
Christelle Payet (dite Thérèse Grondin)
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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