Pour continuer à gauche de la gauche !

10 janvier 2007

Un nouvel appel circule en France depuis quelques jours. Il prend acte de la situation existante dans la gauche antilibérale en ce qu’elle se voulait héritière du non majoritaire acté lors du 29 mai 2005. Il dénonce le gâchis porté par la « logique du chacun pour soi ». Il appelle à ne pas s’y résigner et souligne le rôle que José Bové pourrait jouer dans cette perspective en affirmant qu’il devrait l’accepter au nom des intérêts supérieurs cumulés de la recherche de l’unité du camp populaire de la gauche du non, celui du refus de la précarité, des petits boulots et des bas salaires, le refus des manques de travail, de logis, de papiers, le risque de dévoiements des colères les plus légitimes.
A la RÉUNION, le groupe ESPOIR des alternatifs actifs dans l’île s’y est reconnu et soutient cet appel.
Il exprime un refus de toute forme de résignation à subir les effets négatifs des volontés cumulées des directions de la LCR et du PCF.
Il est une prise d’initiative historique d’une fraction plurielle au sein des collectifs, à l’origine d’un appel qui n’émane pas cette foi ci de personnalités prestigieuses mais de militants en danger de désespoir à voir s’écrouler les perspectives du combat unitaire engagé.
Il est une protestation implicite contre la carence stratégique du CNIU à se défendre contre les attentats à sa logique propre fomentés par une composante importante en son sein : le PCF, en aggravation d’une faiblesse originelle voulue par une autre composante importante du mouvement pour le non, restée à l’écart le 10 mai 2006 : la LCR.
Il est peut être une critique voilée de cette stratégie à laquelle il oppose une autre logique dans la volonté de subvertir les obstacles en choisissant un candidat virtuellement satisfaisant au regard de ce qu’on en attend, qui a le mérite supplémentaire de ne dépendre d’aucun appareil et, semble t’il de ne pas y tenir plus que ça. Ici, en première lecture, on pourrait voir la revanche plaisante de Platon quand le sage doit être forcé à bien vouloir ce qu’il ne veut pas, devenir roi... d’autres plus méchants parlent de quête d’un sauveur, de prière, peut être, à un saint homme du Larzac.... Que José Bové ne m’en veuille pas de dire les choses aussi crûment mais contrairement à tout ce qui en est dit l’appel, à le lire, s’indiffère autant de sa volonté actuelle que de sa personne réelle. Il est l’expression d’une opinion au terme de laquelle il est jugé que le mythe qu’il incarne lui, J. Bové, sa figure même en ce qu’elle s’est forgée à l’issue de ses multiples combats, peut permettre d’unifier un ensemble qui se délite au risque, c’est vrai d’en voir imploser les structures les plus obsolètes, et alors...
L’appel s’adresse aux militants des collectifs du 10 mai et à d’autres militants pouvant le rejoindre, décidés à bâtir l’union qui les lie indépendamment de la volonté des appareils. Il n’est pas soumis à la volonté des collectifs existant jusqu’alors et en préfigure la fin. Il en structure peut être déjà de fait la recomposition en évacuant par le haut la question de l’appartenance maintenue de tel ou tel individu car il implique une nouvelle signature. Nul doute que l’expérience acquise aidant les militants des diverses régions sauront enterrer les collectifs désuets devenus mortifères pour mieux développer la rencontre des signataires et de leur volonté d’action soit dès la présidentielle si Bové s’y prête, soit aux législatives s’il n’est pas possible de faire mieux.
C’est logique avec ce qui précède, Espoir appelle tous ses amis dans l’île de la Réunion et dans l’Océan Indien, y compris à Mayotte s’ils peuvent en prendre le risque, à signer massivement l’appel dit « José Bové peut et doit... » Il va de soi que cela s’adresse aussi à nos amis de métropole, en particulier originaires des DOM et TOM.

François ESQUER Porte Parole d’ESPOIR, alternatifs rouges et verts


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