Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
23 février 2007

La désolation règne à la direction du PS réunionnais : après avoir été dûment étrillé par “papa y fouet’”, le Président de Région, le PS se demande avec inquiétude s’il a parié sur le “bon cheval” pour l’élection présidentielle. A force de “tourner sa veste”, un coup Emmanuelli, un coup Montebourg, un coup Royal, tout cela pou gign in ti plas, sans jamais faire véritablement de la politique, on finit par avoir la tête qui tourne et... « mi kompran pa mi kompran pi... ».
Le PS local comme bien d’autres ne pèse de rien dans les choix stratégiques qui se font désormais au niveau européen pour la sociale démocratie. Il fait partie du “petit personnel” qui va être sacrifié au profit d’une orientation qui prépare la défaite de Ségolène Royal.
Car c’est bien ce qui est en train de se passer. Comme en 2002.
Il faut rappeler que les présidentielles remportées par le PS ont été celles de 1981 et 1988 avec François Mitterrand. Ce dernier n’a pu être élu que parce que l’ensemble des travailleurs, de la jeunesse, voyait en lui se refléter leurs revendications, leurs espoirs. A tort certainement, mais c’est une autre histoire.
Depuis, le fossé s’est creusé entre ces aspirations, ces espoirs et la “real politik” qu’ont menées les différents gouvernements socialistes. Il n’y a pas, il n’y aura pas de dynamique populaire autour de la candidature de Ségolène Royal.
Et la direction nationale du PS s’en rend parfaitement compte. Elle pronostique d’ores et déjà la défaite. À ses yeux c’est embêtant, mais pas dramatique. L’enjeu est ailleurs. A l’échelon européen.
L’affaire du TCE, du vote du 29 mai 2005 n’est pas close. Les travailleurs français, réunionnais ont voté contre l’Europe libérale, depuis, la préoccupation essentielle de la sociale démocratie est de leur repasser le plat. Il n’y avait pas de “plan B” ! Il n’existe qu’une stratégie pour la construction de l’Europe des patrons, des profiteurs. Celle qui remet en cause l’ensemble des solidarités, des protections sociales, des garanties dont nous bénéficions encore pour un temps. Le PS français n’a pas été capable de faire avaler cela à ses électeurs. Il convient donc de le remettre “sur les rails”, d’éliminer en son sein tous ceux qui seraient suspects de parler encore de respect des conquêtes sociales, de lui donner un “bon profil” type Blair (qui fait la guerre en Irak avec Bush), Schroeder (qui a repoussé à 67 ans l’âge de la retraite en Allemagne), Prodi (ancien président de la commission européenne). Si pour atteindre cet objectif, il faut “griller” une victoire à la présidentielle française, tant pis ! Quant aux élus PS Réunionnais - ou ceux qui se bousculent au portillon pour l’être -... De toute façon, au premier claquement de doigts, ils diront amen à tout.
Sarkozy a bien compris cela : il cite Jaurès et Blum, paix à leurs âmes, mais il se réfère bien souvent à Blair et Schroeder dont il applaudit le courage et la clairvoyance. Lui, il sait où se situent ses vrais interlocuteurs dans la sociale démocratie européenne, il ne manque d’ailleurs pas une occasion de pointer les contradictions qui subsistent encore entre les orientations du PS français et de ses homologues européens.
« Le parti se renforce en s’épurant ». C’est Lénine qui avait dit cela en son temps. Le PS n’est pas contre : il va épurer, il a déjà commencé d’ailleurs. Épurer à sa gauche en essayant de briser tout ce qui pourrait surgir, ce qui surgit déjà, altermondialistes, syndicalistes, jeunes révoltés, gauchistes de tout poil. L’appareil socialiste a fait en sorte de “bloquer” les candidatures de Chevènement, de Taubira, de bâillonner les Verts en réglant leur ardoise de 2002, l’appareil du PS parle de “démocratie participative”, mais le mot démocratie tout simple il ne le connaît pas : les élus du PS ont INTERDICTION de conférer leurs parrainages aux candidats de la gauche anti-libérale (Besancenot, Bové, Laguiller). L’épuration c’est également la liquidation du courant Fabius et surtout Mélenchon, qui seront les premiers à perdre leurs élus. L’épuration, c’est également mener une offensive en direction des associations, des organisations syndicales pour en prendre le contrôle.
L’objectif premier de la sociale démocratie, nous on appelle ça plutôt le social libéralisme, n’est pas la présidentielle. Il est bien d’installer durablement en Europe le libéralisme, de faire du PS français une courroie de transmission, d’empêcher les travailleurs de lutter pour leurs droits.
Pourtant, cela n’est pas si facile pour elle : dans tous les pays européens se développent des organisations des mouvements, très divers, souvent divisés comme en France, mais qui sont incontestablement porteurs des aspirations des travailleurs, des jeunes, des victimes du libéralisme. En Allemagne, aux Pays-Bas, au Portugal, au Danemark... partout se pose la question d’une alternative de gauche. À La Réunion également, nout péi bato fou, c’est possible, c’est urgent, c’est nécessaire. Au-delà des péripéties politiciennes, des manœuvres douteuses, nous saurons l’exprimer, en ce qui me concerne en soutenant la candidature d’Olivier Besancenot. Mais sans aucune ambiguïté sur ce que représente la candidature Royal. L’espoir n’est pas là ! Il reste dans un vote anti-libéral, Besancenot mais également Bové, Buffet ou Laguiller.
Ph. Azema
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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Messages
23 février 2007, 05:37, par Charbax
Merci à tous les communistes de ne pas eparpiller le vote de gauche comme en 2002.
Soit la gauche se rassemble derrière Ségolène Royal, soit Besancenot, Bové et compagnie sont juste là pour faire passer la droite pour détruire la planête.
Commente sur ce qu’elle dit, sur ce qu’elle a fait. Et pas sur des soi-disant conflits d’idéologies entre le PS et l’extrême gauche. C’est la politique par la preuve, pour être révolutionnaire il faut regarder vèrs l’avant et non baser la politique sur des histoires anciennes pré-monde de l’Internet et des blogs dans lequel nous sommes, et à partir duquel nous devons avancer positivement pas seulement pour la France, mais pour le monde.
Voir en ligne : Sego.tv
24 février 2007, 09:49
LES COMMUNISTES NE SONT PAS DES CARPETTES !
Il suffit de relire avec un peu d’attention ce que j’ai écrit, cela éviterait des redites !!
Encore une fois, il y a VRAIMENT conflit entre ceux qui conservent l’espoir d’un monde meilleur et ceux qui au nom du respect de l’économie de marché étouffent cet espoir.
Les histoires anciennes se répètent en effet : j’ai voté Mitterrand le 10 mai 1981, et on me demande de recommencer avec S.Royal dont le programme est encore plus indigent que celui de la défunte Union de la Gauche. Oui, il faudrait sans doute faire autre chose, de "plus moderne" !!
Par exemple, d’augmenter tous les salaires immédiatement de 300 euros, de rétablir un droit effectif à la retraite à 60 ans avec 37,5annuités, de revenir sur la décentralisation des TOS, d’assurer un emploi et un logement décent à tous.... Tout cela est TRES moderne, et ce n’est pas le PS qui peut le garantir.
Au fait de blog, il y en a un très bien, celui d’Olivier BESANCENOT !
Allez, bon courage dans les luttes et commençons ensemble à faire autre chose que de jouer les carpettes de la social démocratie !
Ph.AZEMA
23 février 2007, 12:53, par Ryad PIERRE
Très bon article. Mais Mme Royal n’est quand même pas assurée d’échouer !
Les socialistes ont des difficultés, comme tous les mouvements de gauche.
Dès qu’il y a une petite rémission sur le plan du chomage à l’approche des présidentielles, on oublie tout et on se laisse récupérer de nouveau par la propagande pro-mondialisation néo-libérale dont l’esclavagisme reste la principale référence "positivement" vécue pour eux... On se prend de nouveau à croire que c’est vrai que "tous les communistes (les résistants défendant les ouvriers lors des grandes occasions comme en 1936) et les partisans de gauche en général (comme Nelson Mandela, Patrice Lumumba, ..) sont des bêtes sanguinaires", etc., jusqu’aux prochains reculs en Europe de la couverture sociale et de l’emploi, alors qu’aux états-unis on voit déjà les classes ouvrières souffrir grandement de la mondialisation (wal-mart, etc.). Mais en Europe, on a toujours un retard de 10 ans ...
Nous aussi nous voudrions bien que les verts, les courants positifs trotskystes, le PCF, etc., s’unissent.
Voir en ligne : Pour une union des forces prônant un vrai discours positif alternatif au néo-libéralisme
23 février 2007, 13:34, par pascal duret
ça fait du bien à lire, le seul regret reste que pour des raisons de cuisines politico-politiciennes les vrais anti-libéraux n’aient pas fait front commun (ce qui les discréditent quand même pas mal).
15 mai 2007, 16:23
Ce ne sont ni Lenine ni Marx qui ont dit "le parti se renforce en s’épurant" mais Lassalle dans une lettre au second.
Par ailleurs la cause la plus évidente de la défaite de la gauche, ce n’est ni le PS (25%) au premier tour, ni le mauvais report des voix du centre, mais l’effondrement de la gauche "anti-libérale". Tout le monde doit bien sûr se remettre en cause mais n’inversons pas les rôles. La partie de la gauche qui souffre d’un déficit majeur de crédibilité dans l’opinion, ce n’est pas le PS.