Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Mettre fin à l’insécurité sociale
10 janvier 2007

Faire appliquer le droit au logement à La Réunion suppose d’aller plus loin que ce que la loi propose dans le domaine de la construction sociale, en particulier aller au-delà de la loi SRU et son seuil de 20% de logements sociaux dans chaque commune.
Selon le “Tableau économique de La Réunion 2006-2007” publié par l’INSEE, La Réunion comptait au 1er juillet 2004 près de 252.000 résidences principales. Sur ce total, l’INSEE dénombrait 48.581 logements sociaux.
C’est ce que confirme d’ailleurs l’Observatoire des loyers privés de La Réunion publié en août dernier. S’appuyant sur des données de 2005, ce document note qu’« aujourd’hui, sur les quelque 250.000 ménages que compte La Réunion, plus de 100.000 sont locataires de leur logement. La proportion des locataires, actuellement de 40%, croît chaque année. Près de la moitié de ces logements locatifs sont gérés directement par les bailleurs sociaux ».
D’après ces chiffres, un rapide calcul permet d’estimer qu’à La Réunion, en moyenne, une famille sur 5 vit dans un logement social. Ce qui donne une proportion de 20%. Cela équivaut à l’objectif affiché par la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain) qui fixe ce pourcentage comme seuil minimal à atteindre dans toutes les communes.
Les ayants droits majoritaires
Or, si, en moyenne, La Réunion atteint ce chiffre, force est de constater que la liste des demandeurs de logement ne cesse de s’allonger, dépassant les 25.000. Quant au nombre de familles ayant droit à un logement social, il est bien supérieur à 20% dans notre île.
En effet, 45% des Réunionnais sont couverts par la CMU, ce qui signifie que 45% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Quant à celles et ceux qui dépendent du revenu minimum, leur nombre frôlait fin 2005 les 250.000, pour un nombre d’allocataires supérieur à 80.000 (RMI et RSO).
L’INSEE donne un autre indicateur. Sur la base des revenus déclarés au services fiscaux en 2003, le “Tableau économique de La Réunion 2006-2007” note que « 30% des ménages sont imposés à La Réunion (60% en Métropole). (...) La moitié des Réunionnais vit dans un ménage déclarant un revenu par unité de consommation inférieur à 7.547 euros. Ce revenu est inférieur de moitié à celui de l’ensemble des régions françaises ».
Tout ceci revient à dire qu’à La Réunion, le nombre des personnes ayant droit à un logement social est la majorité. Dans ces conditions, le seuil de 20% que tente d’imposer une loi votée en France est bien insuffisant.
Des revendications légitimes
Enfin et avant tout, la surpopulation et l’insalubrité sont le quotidien de dizaines de milliers de familles à La Réunion. Des revenus trop bas et l’insuffisance d’une offre adaptée participent au maintien de nombreuses familles dans des logements indignes. Quand ils n’obligent pas un travailleur à dormir dans la rue, dans une voiture ou à réquisitionner un logement abandonné dépourvu du moindre élément de confort auquel chacun a le droit de prétendre.
À travers ces quelques éléments, il apparaît que même si dans les rares communes qui n’ont pas atteint le seuil légal, les volontés œuvrent dans le sens de l’application de la loi SRU, cet effort ne suffira pas à garantir à tous les Réunionnais le droit à un logement.
Face aux revendications légitimes d’une large part de la population contrainte de vivre avec un revenu insuffisant pour faire face aux dépenses de la vie courante, il est essentiel d’aller au-delà de ce seuil légal défini dans un pays qui n’est pas confronté à la même urgence. Au-delà des 20% de logements sociaux par commune, au-delà des textes législatifs qui existent, l’heure est au rassemblement vers l’application d’une mesure de justice : 100% des Réunionnais ont le droit de vivre dans un logement digne.
M.M.
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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