Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
6 juillet 2009, par

La cérémonie de samedi dernier sur le parvis des Droits de l’Homme à Saint-Denis en hommage aux 152 victimes de la catastrophe aérienne du 30 juin au large de la Grande Comore fut particulièrement émouvante, tant du fait du nombre — plus d’un millier de personnes — que de la richesse et la force des symboles mis en exergue. (notre photo)
Le premier d’entre ces symboles fut la solidarité exprimée entre Comoriens, Réunionnais de toutes origines — dont ceux natifs des Comores — avec les familles directement atteintes par cette tragédie. Au moment où beaucoup de questions se posent encore quant aux causes de la catastrophe et la mise en œuvre des secours, un soutien sans réserve fut exprimé à toutes les familles en quête de vérité et de justice.
Riche en symboles également la diversité des personnes présentes sur l’esplanade de Champ-Fleuri. Outre les représentants du Groupe de Dialogue Interreligieux de La Réunion et de nombreux anonymes aux ancêtres originaires de maints points du globe, nombre d’élu(e)s d’opinions diverses avaient également répondu à l’invitation, réuni(e)s par leur volonté d’exprimer leur solidarité.
Parmi les intervenants à la cérémonie, une dame, s’exprimant « au nom de femmes de différentes religions », a mis l’accent sur la signification de cette union exaltant « l’unité de nos valeurs communes ».
Le contraste est saisissant entre cette émouvante communion des composantes de notre peuple et le pathétique spectacle des divisions, des rivalités et des polémiques du petit monde politique et socioculturel de l’île. Quelles peuvent bien être les « valeurs communes » de celles et ceux qui alimentent de telles dissensions ? À quoi, à qui peuvent-elles donc servir ?
De même que, quasi spontanément, nous démontrons notre capacité à nous unir pour soutenir dans l’adversité nos frères et sœurs Comoriens, serait-il impossible, par contre, de nous unir pour combattre de toutes nos forces la pauvreté dont la moitié de notre peuple est victime ? Serait-il impossible de s’en prendre — unis — à toutes les inégalités qui minent notre société ? Plutôt que nous épuiser dans une stérile concurrence entre personnes à l’abri du besoin, pourquoi ne pas plutôt privilégier l’unité des Réunionnais pour être mieux en capacité de régler nos problèmes ?
L. B.
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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