Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Jean-Pierre Besancenot, chercheur au Laboratoire “Climat et Santé” de Dijon
27 avril 2009

Les maladies dites émergentes gagnent de plus en plus de terrain, et ce, notamment en raison des dégradations de l’environnement. Jean-Pierre Besancenot, chercheur au Laboratoire “Climat et Santé” de la Faculté de Médecine de Dijon, expose ce risque dans une interview réalisée par ’Terre Tv’ dont nous publions ci-après quelques extraits.
Qu’est-ce qu’une maladie émergente ?
— Une maladie émergente est une maladie qui, jusque-là, n’avait jamais été rencontrée dans une région, soit pour des pathologies qui étaient peu fréquentes et brusquement le sont devenues, soit encore pour des pathologies qui avaient été éradiquées et qui reviennent en force. Ces maladies dites émergentes sont en recrudescence depuis une vingtaine d’années.
Pouvez-vous citer quelques exemples de maladies émergentes ?
— L’exemple type : le SIDA, dont les 1ers cas ont été déclarés en 1981. Il y en a beaucoup d’autres : que ce soit l’Ebola, pathologie hémorragique présente en Afrique centrale, la fièvre du Nil un peu partout dans le monde occidental, notamment en Amérique du Nord, ou encore le chikungunya à La Réunion.
La dégradation de l’environnement est-elle un des facteurs majeurs qui contribuent à la recrudescence des maladies émergentes ?
— C’est certainement l’un des facteurs, mais il n’est pas le seul en cause. Toutefois, il participe considérablement à l’émergence de nouvelles maladies, ne serait-ce qu’en conduisant au franchissement de la barrière des espèces. C’est ainsi que des virus qui étaient inféodés à une espèce animale deviennent aptes à infester d’autres espèces, l’Homme en particulier. Et ce, parce qu’un beau jour, les animaux en question se retrouvent dans des milieux auxquels ils n’étaient pas adaptés. Ce fut par exemple le cas du virus du SIDA qui, au départ, se concentrait sur certaines populations de singes.
Vous venez d’écrire un livre (“Notre santé à l’épreuve du changement climatique”) qui fait le lien entre l’apparition de nouvelles maladies et le changement climatique. Pouvez-vous nous expliquer ce trait d’union ?
— On peut considérer que le changement climatique intervient peu sur les microbes, virus et parasites en eux-mêmes, mais joue considérablement sur les insectes ou les acariens qui sont vecteurs de ces micro-organismes. L’Homme est lui aussi affecté par le changement climatique en tant que récepteur de ces infections.
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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