Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Une estimation demandée en novembre aux services de l’État
13 mars 2009, par

Quelques heures après les incidents de mardi soir, le montant des dégâts était déjà approximativement chiffré. Ce n’est pas le cas de ceux provoqués par le blocage de l’île pendant cinq jours par des patrons. Quatre mois après les faits, toujours aucune estimation des dégâts, et pas de « réponse appropriée » de la part de l’institution judiciaire.
« Quick : 40.000 euros de dégâts » « Groupama : 50.000 euros de dégâts au moins » « Plus de 100.000 euros pour la CINOR ». Au lendemain des incidents dans le quartier du Chaudron, les calculettes ont chauffé. Et dès hier, six personnes étaient jugées en comparution immédiate. Dans une conférence de presse tenue la veille, le Procureur de la République ne laissait guère de doute quant au verdict : « il n’est pas concevable que la justice n’apporte pas une réponse aux événements qui sont survenus mardi ».
Dans ce contexte, les condamnations ne peuvent que pleuvoir, et elles se chiffrent par de la prison ferme. La veille du jugement, le préfet a distribué des médailles du courage à des fonctionnaires de police, y compris au policier sérieusement touché par un coup de carabine. Tout cela s’est passé dans les salons de la préfecture, peu après la suspension des négociations entre le COSPAR et le patronat qui avaient lieu à l’étage au-dessous.
Au lendemain des distributions de médailles, ce sont les distributions de peines. Quant aux dégâts matériels, leur estimation est déjà bien avancée.
La justice voudrait que cette célérité soit la même, quelque soit les faits qui peuvent être du ressort de l’institution judiciaire. Mais 63 ans après l’abolition du statut colonial à La Réunion, cela n’est pas encore le cas.
En novembre dernier, une bande de patrons animés par des objectifs politiciens avaient bloqué La Réunion pendant cinq jours. 800.000 Réunionnais ont dû souffrir des conséquences de ce mouvement. Le 7 novembre, une personne est même décédée parce que des minutes précieuses ont été perdues devant un barrage.
Le 16 novembre, la Chambre d’agriculture présentait une première estimation des dégâts pour les planteurs et les éleveurs : plus de 500.000 euros perdus en cinq jours.
Le 25 novembre 2008, les conseillers régionaux ont demandé aux services de l’État d’évaluer la perte pour l’économie réunionnaise provoquée par ces cinq jours de blocage. Quatre mois après les faits, toujours aucune réponse, alors qu’en Guyane, pareille estimation réalisée par l’IEDOM était publique dès la fin du mouvement populaire pour la baisse des prix des carburants !
Puisque les montants des dégâts consécutifs aux incidents de mardi sont déjà connus, pourquoi ceux relatifs à un événement qui date du mois de novembre ne le sont-ils pas encore ?
M.M.
Courrier des lecteurs
Mézami , néna par-la dë somenn in sèrtin prézidan zétazini la di dann in konféranss de press li lé dakor pou ashté bannzil chagos mé sa sé in (…)
In kozman pou la rout
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