Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
De l’avis des universitaires
18 avril 2008

Aimé Césaire est mort. Les étudiants réunionnais l’ont appris et se montraient hier peu démonstratifs devant la disparition du grand homme. Il était un des pères de la départementalisation, poète émérite, intellectuel de renom, fondateur de la négritude, profondément anti-colonialiste.
« Le grand poète de la négritude est mort », constate un étudiant en Histoire, qui relève tout le travail fait par cet homme pour les 4 vieilles colonies, et notamment celles des Antilles, et La Martinique dont il était le fils chéri. Je serais surpris par l’ironie de certains, qui disent qu’après tout, Aimé Césaire a vécu une vie bien remplie, mais qu’il n’était pas Réunionnais, n’a influé sur aucune réflexion réunionnaise, et n’aura pas l’influence qu’avait eu Raymond Barre en tant que Premier ministre de la République française. Pour autant, on ne peut nier l’influence nationale, peut-être aussi internationale, de ce poète de la négritude.
« Aimé Césaire était le meilleur fils de La Martinique, mais c’était aussi un enfant aimé de la Nation française », assure une jeune étudiante en littérature. Que l’on parle de lui, même avec beaucoup d’ironie, ne me gêne pas. Après tout, on pense comme on le veut. C’est la nature même de l’esprit libre. Mais, comment un étudiant peut ne pas connaître Aimé Césaire ? C’est consternant. Et pourtant, je l’aurais entendu, « je ne connais pas cet homme, juste de nom », regrette un étudiant. Nous venons de fêter la Départementalisation. Les médias ont relayé cet événement, des politiques se sont exprimés, certaines petites classes ont étudié la vie des hommes de la Départementalisation. Mon dieu ! la bibliothèque de l’Université de La Réunion est garnie d’ouvrages d’Aimé Césaire. Lisez-les !
Il a su faire bouger les cerveaux
N’allez pas croire que les 11.000 étudiants réunionnais sont inconscients de la grandeur de l’homme Césaire. Certains se sont penchés sur son œuvre, et se sont forgé leur pensée anticolonialiste, en s’inspirant des déclarations de Césaire. Mais combien sont-ils ? Aimé Césaire devrait être connu de l’école primaire à l’Université. « Je le range parmi les grands poètes, Senghor, Damas, Fanon, qui ont profondément changé ma conception de l’homme Noir, et éradiqué la moindre pensée raciste et colonialiste qui aurait pu rester coincée en moi », me confie un étudiant allemand du programme ERASMUS. Un Martiniquais, note quant à lui, ému, que c’est un drame qui touche La Martinique, mais aussi la France entière. « C’est une perte considérable. On lui doit entres autres la départementalisation des 4 vieilles colonies françaises. Pour l’avoir connu en tant que maire de Fort-de-France, je peux dire qu’il était investi dans les affaires concernant la France d’Outre-mer qu’il a défendues avec vigueur. Il sera surtout le visionnaire de la négritude, celui qui a nourri la fierté d’être nègre », déclare-t-il.
Un jeune professeur de créole note que c’est un grand homme, qui a su faire bouger les cerveaux, les idées reçues, même s’il regrette que l’auteur et politicien martiniquais n’ait pas écrit grand chose en créole. C’était le temps d’une révolution, dans la tête, affirmant la finesse intellectuelle des ultramarins, proposant un discours lucide, dépourvu d’idéologies démagogues. Il semblerait que ce changement concerne nos cerveaux réunionnais, peut-être encore colonisés ...
Bbj
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Messages
18 avril 2008, 16:40, par timamzel-en-exil
je suis étudiante et jusqu’à présent je ne connaissais Aimé césaire qu’en tant qu’écrivainn notamment pour ses poèmes. Ce n’est qu’a l’annonce de sa mort que j’ai appris qu’il n’était pas qu’un simple écrivain, mais un écrivain engagé avec rage et conviction contre le colonialisme et qui se battait pour la reconnaissance de son identité. Ce combat aujourd’hui c’est aussi mon combat. J’ai visionné certaines vidéos sur sa vie, et tout ce que je constate c’est que je me reconnais dans ses paroles forte.
au final Aimé Césaire se sentait martiniquais avant d’être français, comme moi je me considère avant tout et par-dessus tout réunionnaise avant d’être française !
vive la martinique, vive la Rényon mon nasyon !