Culture et identité

Visite et conférences du Cheikh Khaled Bentounès

Groupe de dialogue interreligieux

Témoignages.re / 28 avril 2008

Le Cheikh Khaled Bentounès qui arrive aujourd’hui dans l’île à l’invitation du Groupe de dialogue inter-religieux, est un personnage remarqué de l’islam français. Ecrivain et maître spirituel, il vient donner deux conférences, à Saint-Denis et à Saint-Pierre, dont la première a lieu mardi soir au Salon d’honneur de l’hôtel de ville dionysien.

Khaled Bentounès a indubitablement de multiples facettes : écrivain, pédagogue, conférencier, il transmet à travers le monde depuis de nombreuses années l’enseignement du soufisme, dont il a dit dans un livre qu’il était “le cœur de l’Islam” (Table ronde, 1996). De la tradition soufie, tout le monde de nos jours connaît au moins l’histoire des Cinq aveugles et de l’éléphant.
Petit-fils du Cheikh Hajj Adda Bentounès, qui fut le successeur du cheikh soufi al-‘Alawi et le fondateur d’une très ancienne association de dialogue œcuménique, Cheikh Khaled Bentounès, reconnu comme guide spirituel à 25-26 ans par sa communauté à la mort de son père, s’est engagé lui-même dans cette voie de rencontre et de dialogue. Il s’est rendu au Vatican en 1989 et a été reçu par le pape Jean-Paul II. Il a collaboré avec l’UNESCO, à Malte, en 1998 et a participé deux ans plus tard au programme Les chemins de la Foi, en Ouzbékistan. En janvier 2000, il était l’initiateur du colloque international Pour un Islam de paix.
Depuis plus de sept ans, il participe en France à la consultation ouverte par le gouvernement qui a abouti, le 3 mai 2003, à la création du Conseil français du Culte musulman (CFCM), dont il est un des membres du Conseil d’administration.
Il déploie une activité très diversifiée avec plusieurs associations, pour des projets culturels, religieux, sociaux et scientifiques, en Algérie, en France, en Suisse et en Belgique. Il est à l’origine de la Fondation Djanatu-al-Arif, le Jardin du Connaissant, Centre méditerranéen du développement durable, basée à Mostaganem (Algérie) - la ville où il est né, en 1949. Il a créé en France les Scouts musulmans, dont il est le président fondateur depuis 1991, une association agréée par la Jeunesse & Sport en tant qu’association d’éducation populaire.
Avec l’association Terres d’Europe, qu’il a fondée en 1999 à l’issue du colloque de l’Unesco Pour un Islam de Paix, il cherche à instaurer un trait d’union entre l’Islam et le monde occidental, et collabore régulièrement à la revue de l’association (voir le site : http://revues-plurielles.org/).
Depuis 2001, il participe à un cycle de séminaires intitulé Thérapies de l’âme avec des professionnels de santé : médecins, psychiatres et psychothérapeutes.
Entre autres nombreux livres sur l’Islam dont il est co-auteur, Cheikh Khaled Bentounès a publié à ce jour deux ouvrages sur le soufisme. Soufisme, Cœur de l’Islam, paru en 1996 et traduit en espagnol, en anglais et en arabe, puis chez Pocket en 1999. Le second ouvrage, L’homme intérieur à la lumière du Coran (Albin Michel, 1998) est une invitation à relire autrement le texte coranique.

P. David


Les conférences

Mardi 29 avril à 18h30 : La spiritualité au service de la Cité et de la Paix
Mercredi 7 mai à 18h30 : Le message universaliste de l’Islam, au Conservatoire national de Région (1, rue Victor Le Vigoureux).


Extrait

La voie du juste milieu

« A notre époque, la confusion est grande entre spiritualité et religion. Et il s’avère même, que certains religieux craignent, voire condamnent le spirituel, car celui-ci libère l’homme...( ...) Cet enseignement permet de retrouver en nous la connaissance qui structure et nourrit la conscience. Cela nous conduit à expérimenter un état d’être en harmonie avec la réalité qui nous entoure.
En ce sens, la tradition soufie prêche la voie du juste milieu entre le temporel et le spirituel. Entre la loi (shari’a) et la vérité (haqiqa) : si la première est un moyen d’adoration, une aide et un garde-fou permettant à l’homme de vaincre ses passions, d’atténuer son égoïsme et d’ouvrir son cœur à la générosité et au respect d’autrui, la seconde lui permet de vivre l’intime expérience de la présence divine.
Par ailleurs, la loi ou shari’a, en elle-même, s’avère impuissante et dénuée de sens si elle se pratique sous la contrainte, « pas de contrainte en religion... » affirme clairement le Coran (Sourate 2, verset 256) ».
Extrait de Panoramiques, septembre 2001



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Messages






  • Bonjour et Salam,

    Dans le même combat mené par la foi monothéiste dans le but de rétablir le lien ontologique entre les hommes de toute culture et de toute religion, le Cheikh Abouzakaria etilimçani vient de mettre son site dans l’espace de la coexistence religieuse.Ses enseignements sont d’actualité et ouvrent de nombreuses perspectives interculturelles et inter-religieuses
    .
    le site : www.fardanya.com

    Voir en ligne : la voie des afrad

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  • La voie du juste milieu nous appelle à vivre pleinement le message, non seulement dans sa forme et dans sa lettre, mais surtout dans son fond et dans son esprit. En restant figés sur la forme, sur la lettre, on devient des consommateurs et producteurs d’un islam, ou plutôt d’une image de lui, statique, dépourvue de cette dynamique que porte en lui l’Islam, comme voie du juste milieu, voie d’unité et d’harmonie entre lettre et esprit. Considérant la question du voile (Jilbab, Hijab) comme exemple démonstratif, on constate qu’il y a là une confusion faite entre fond et forme, entre cultuel et culturel, entre but et moyen. Le voile devant rester dans sa place juste, ni plus ni moins, comme moyen, mentionné dans le verset Coranique « Ô Prophète, dis à tes épouses, à tes filles et aux femmes des croyants de serrer leur voile. Cela sera le plus simple moyen qu’elles soient reconnues et qu’elles ne soient pas offensées », alors qu’il devient, en lui-même, un but et une finalité, cachant et masquant son vrai sens, comme signification et symbole de décence et de reconnaissance, et laissant place à une image de marque, objet d’enfermement. Aujourd’hui, le Hijab, la barbe…, dans leur expansion, risquent de devenir les aspects significatifs d’une loi, d’un code, d’un ordre, plus d’un état de foi, de conscience.
    En conclusion, on peut dire qu’il y a nécessité d’un éveil de conscience, pour que le message soit vécu de façon juste, car l’Islam, comme le dit Cheikh Khaled Bentounès, « avant d’être une religiosité, il est un état de conscience », et là la spiritualité peut jouer un rôle essentiel.

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  • qui ne sache pas ou est ce qu’il va ne saura jamais l’interret de son existance

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