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Un Prix Nobel d’économie analyse l’impact de la crise grecque
4 mai 2010, par

Le Prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz a annoncé la fin de l’euro si l’Union européenne est incapable de régler des problèmes institutionnels. Dans une interview à la radio publique BBC4, le Prix Nobel estime que l’Europe n’a pas les structures institutionnelles pour surmonter la crise qui a obligé la Grèce à emprunter 110 milliards d’euros. Quant à l’Espagne, des rumeurs font état d’un besoin de refinancement de 280 milliards d’euros.
L’euro va-t-il survivre à la crise ? La monnaie unique européenne qui a tenté de sortir le monde de la domination du dollar est en tout cas sous les feux des projecteurs, moins de deux ans après que le gouvernement de George Bush ait profité de la crise des subprimes pour lancer la guerre monétaire.
Il est important de rappeler qu’en septembre 2008, le gouvernement américain a décidé de laisser couler Lehman Brother, une des plus grandes banques des États-Unis, mais a aussi choisi de sauver d’autres institutions afin d’opérer des fusions pour faire de Bank of America la plus grande banque du monde.
Deux ans plus tard, si une reprise se fait ressentir en Amérique, et si l’Asie a relevé la tête avec le retour de la croissance à deux chiffres en Chine, l’Europe est toujours en pleine crise. Et cette situation s’aggrave.
Face aux difficultés de la Grèce, l’Europe a été incapable de déboucher sur une solution solidaire. C’est à partir de ces éléments que Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’Économie, annonce la possible fin de l’euro.
D’après Joseph Stiglitz, la gestion par l’Europe de la crise grecque met en évidence les faiblesses structurelles de la gouvernance économique européenne, et donc de la monnaie unique. Cela l’amène à s’interroger sur la capacité de résistance du concurrent du dollar face à une crise équivalente à la Grèce, mais touchant un pays plus important de la zone euro. Or, l’Espagne est clairement dans la zone de mire. Une rumeur ce mardi a fait plonger la Bourse de Madrid. Ce buzz fait état d’une possible demande de 280 milliards d’euros d’argent frais de la part de l’Espagne.
"Quand on aura vu à quel point il a été difficile à l’Europe d’adopter une position commune pour aider un des plus petits pays, on réalisera que si un pays un peu plus grand a des difficultés, il est probable que l’Europe aura encore plus de mal" à se mettre d’accord, a affirmé Joseph Stiglitz.
"C’est peut-être la fin de l’euro". Si l’Europe "ne règle pas ses problèmes institutionnels fondamentaux, l’avenir de l’euro sera peut-être très bref", a-t-il affirmé.
Si tel était le cas, alors l’offensive lancée voici deux ans par l’administration Bush aurait atteint son objectif : casser la seule monnaie conçue pour être une alternative au dollar.
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