Fortes inégalités à Saint-Denis

Présentation d’une étude sur la ville la plus peuplée de La Réunion

13 décembre 2017

L’INSEE a présenté hier une étude statistique sur la commune de Saint-Denis. Elle porte notamment sur les conditions de vie et les revenus. La concentration des activités dans la ville la plus peuplée de La Réunion n’empêche pas la présence d’un chômage de masse dans plusieurs quartiers, d’où de fortes inégalités. Voici le communiqué accompagnant la publication de cette étude.

Portrait de la population et de l’habitat de Saint-Denis a été réalisé en partenariat entre la Ville de Saint-Denis et l’Insee, ce dossier mobilise plusieurs sources statistiques afin de dresser un portrait de la population et de l’habitat de Saint-Denis. Il intervient au moment où la Communauté d’agglomération du nord de La Réunion (Cinor) prépare un nouveau Programme local de l’habitat (PLH) pour la période 2018-2025. Les nombreuses données contenues dans cette publication constituent des éléments de diagnostic utiles en vue du prochain PLH, en lien avec le Plan local d’urbanisme et le Schéma directeur du logement social.

En 2014, Saint-Denis est la commune la plus peuplée de l’île avec 145 000 habitants : un Réunionnais sur six vit dans le chef-lieu. L’habitat collectif prédomine largement dans le paysage immobilier. Ainsi, six ménages sur dix vivent dans un appartement, une part deux fois plus élevée que sur l’ensemble de l’île. De fait, peu de ménages dionysiens sont propriétaires de leur logement (30 % contre 51 % à La Réunion).

Le parc social occupe une place importante dans le paysage immobilier de l’île : un tiers des ménages vivent dans l’un des 21 000 logements sociaux de la commune. Cette part est 1,5 fois plus élevée que sur l’ensemble de l’île (34 % contre 22 %). De plus, le parc social est marqué par la coexistence de logements sociaux anciens (quatre sur dix datent de plus de 30 ans) et de logements plus récents (deux sur dix ont moins de 30 ans).

Revenus plus élevés grâce à un meilleur accès à l’emploi...

Les ménages dionysiens déclarent des revenus plus élevés : en 2013, le revenu fiscal médian de ses habitants s’établit à 1 150 euros par mois et par unité de consommation (UC), soit 23 % de plus qu’au niveau régional. En effet, l’accès à l’emploi des habitants y est meilleur car le chef-lieu concentre une part importante des activités économiques de l’île : 49 % des personnes en âge de travailler ont un emploi (45 % à La Réunion). De plus, les cadres et les professions intermédiaires y sont plus nombreux qu’ailleurs.

... mais les disparités sont fortes entre les secteurs de la commune

Que ce soit en termes d’habitat, d’accès à l’emploi ou de revenus, les secteurs de la commune sont différenciés. Ainsi, la part de logements sociaux varie de 7 % au Centre-ville à 86 % au Chaudron. La part des personnes en emploi varie de 35 % au Chaudron à 59 % à La Montagne 8e km. Quant aux revenus déclarés, ils sont particulièrement faibles au Chaudron et à Prima (revenu médian d’environ 700 euros et 550 euros par UC et par mois) et nettement plus élevés dans les deux secteurs les plus aisés de la commune, au Centre-ville (2 000 euros) et à La Montagne 8e km (2 300 euros).

Huit secteurs des « Bas » cumulent fragilités économiques et sociales

Dans les « Bas », huit secteurs cumulent les fragilités économiques et sociales : Le Butor - Sainte-Clotilde, Le Chaudron, Domenjod, Marcadet, Le Moufia, Petite-île - Bas de la Rivière, Prima et Vauban-Camélias- Providence. Les habitants sont peu insérés dans l’emploi, leurs revenus faibles et la moitié des ménages vivent dans le parc social. Les personnes seules et les familles monoparentales y sont plus nombreux. Le parc social y est particulièrement développé et ancien. Les ménages de ces secteurs vivent plus souvent qu’ailleurs en situation de surpeuplement.

Dans les « Bas », quatre secteurs un peu plus aisés

Les quatre autres secteurs des Bas - le Centre-ville, La Source, Bellepierre et Montgaillard-Colline des Camélias - sont relativement plus aisés. Les personnes âgées de 60 ans ou plus y sont plus nombreuses qu’ailleurs, notamment au Centre-ville et à La Source. Les revenus des ménages sont plus élevés que dans les secteurs défavorisés des Bas. Les propriétaires y sont également un peu plus nombreux et le parc social moins étendu.

Dans les « Hauts » et à « mi-pente », davantage de couples avec enfant(s) et de propriétaires

Dans les secteurs des « Hauts » et à « mi-pente » - La Bretagne, Bois de Nèfles, Saint-François, Le Brûlé, La Montagne 8e km et La Montagne 15e km -, le modèle familial traditionnel du couple avec enfant(s) domine. Les habitants en âge de travailler sont mieux insérés sur le marché du travail et les ménages plus souvent propriétaires de leur logement que dans le reste de la commune. Le parc social y est restreint mais sa croissance dynamique depuis cinq ans.

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